L’objectif affiché de la rencontre était clair : mettre fin à des tensions persistantes entre deux groupes rivaux, à travers le sport, souvent considéré comme un vecteur de cohésion sociale. Mais à quelques minutes du coup de sifflet final, l’atmosphère s’est brusquement détériorée.
Selon les faits exposés à la barre, P. Guèye, joueur remplaçant, aurait été insulté lors de sa sortie du terrain par un autre joueur, C. Dione. L’échange verbal aurait rapidement dégénéré en altercation physique.
Toujours selon la partie civile, O. Dione et D. Dione se seraient joints à la dispute et auraient violemment agressé P. Guèye, lui occasionnant de sérieuses blessures, notamment la perte de trois dents. La victime a par la suite produit un certificat médical faisant état d’une incapacité temporaire de travail (ITT) de 20 jours.
Estimant avoir été sauvagement agressé, P. Guèye a déposé une plainte pour coups et blessures volontaires, entraînant l’arrestation et la comparution des mis en cause.
À la barre, les prévenus ont vigoureusement contesté les accusations.
C. Dione affirme n’avoir jamais insulté la victime et soutient que les blessures seraient dues à un jet de pierres accidentel, survenu dans la confusion. Il souligne également que son équipe menait au score, rendant selon lui toute violence injustifiée.
De leur côté, O. Dione et D. Dione ont plaidé non coupables, niant toute participation à une agression collective.
Malgré ces dénégations, le procureur de la République a estimé que les faits étaient suffisamment établis, au regard des témoignages et du certificat médical produit. Il a requis un mois de prison ferme contre les prévenus.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 12 janvier 2026.
Cette affaire relance le débat sur les limites des matchs de réconciliation, souvent organisés sans véritable dispositif de médiation ni encadrement sécuritaire. À Thiès comme ailleurs, cet incident rappelle que le sport, à lui seul, ne suffit pas à effacer des rancœurs profondes, surtout lorsque les tensions sociales restent vives.
Un match pour unir, qui finit au tribunal : une leçon amère pour les acteurs communautaires et les autorités locales.

