L'affaire trouve son origine dans une plainte déposée le 22 juin 2026 par un habitant de Rufisque. Celui-ci affirme avoir été contacté, au mois d'avril, par une femme lui proposant une activité de vente en ligne présentée comme particulièrement lucrative.
Invité au siège de la structure installé à Thionakh Peulh, à Thiès, le plaignant explique avoir versé 500 000 F CFA pour l'acquisition d'un produit baptisé « Bio Disc ». En échange, il lui aurait été promis un revenu hebdomadaire de 195 euros, à condition de recruter six nouveaux adhérents. Il soutient également avoir déboursé 100 000 F CFA supplémentaires pour son hébergement, sans jamais recevoir le produit promis ni obtenir le remboursement des sommes versées.
À la suite de cette plainte, les policiers du commissariat de Nguinth ont mené une opération dans deux villas situées à Thionakh Peulh et à la ZAC Nord. L'intervention a permis l'interpellation d'une quarantaine de personnes. Les enquêteurs ont saisi cinq ordinateurs portables, deux modems Wi-Fi, trois boîtes de produits « Bio Disc », quatre tableaux de démonstration ainsi que plusieurs cahiers et blocs-notes utilisés lors des séances de présentation.
L'exploitation des téléphones saisis a conduit les enquêteurs à identifier cinq personnes considérées comme les principaux animateurs du réseau. Placés sous mandat de dépôt, ils avaient comparu une première fois le 3 juillet avant que leur procès ne soit renvoyé au 10 juillet.
À la barre, les prévenus ont tous contesté les faits qui leur étaient reprochés. Certains ont affirmé qu'ils venaient à peine d'intégrer la structure et n'avaient recruté aucun membre. D'autres ont expliqué qu'ils étaient uniquement en période de formation ou qu'ils avaient présenté l'activité à des proches avec leur accord, sans intention frauduleuse.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a estimé qu'aucun élément du dossier ne permettait d'établir un lien entre les prévenus et la société internationale QNET. Il a toutefois considéré que les éléments constitutifs de l'escroquerie étaient réunis et avait requis une peine de six mois de prison avec sursis ainsi que la confiscation du matériel saisi.
Après délibéré, le tribunal a relaxé N. M. Niang, D. Fall, A. M. Sow et M. Thiam au bénéfice du doute et a ordonné la restitution de leurs téléphones portables.
En revanche, la prévenue M. Lo a été déclarée coupable d'escroquerie. Les juges l'ont condamnée à une amende de 20 000 F CFA, mettant ainsi un terme à cette procédure judiciaire qui avait suscité un vif intérêt à Thiès.
