Le quartier de Pikine Sotiba est secoué par une affaire particulièrement sensible. Tout est parti de la découverte d’un nouveau-né sans vie, jeudi matin, sur une gargote du quartier. Vers 9 heures, une commerçante, identifiée sous les initiales A. N. G., a découvert avec stupeur le corps du bébé dans un sachet en plastique déposé sur son étal.
Alertés, les éléments du commissariat d’arrondissement de Pikine se sont rendus sur les lieux pour procéder aux premières constatations. Selon les informations rapportées, un médecin du quartier avait entre-temps orienté le sachet vers la clinique privée Safia Service Santé. Un infirmier, identifié sous les initiales B. D., aurait tenté de réanimer le nourrisson, mais celui-ci était déjà décédé.
La dépouille a ensuite été déposée à la morgue du centre de santé Baye Talla Diop de Pikine. Les circonstances de cette découverte ont rapidement conduit les enquêteurs à approfondir leurs investigations.
Un deuxième accouchement dans un bâtiment abandonné
Alors que les policiers tentaient de comprendre les circonstances du drame, un autre événement est venu éclairer l’affaire. À proximité de la clinique, des riverains ont surpris une jeune femme en train d’accoucher au milieu des décombres d’un bâtiment abandonné.La femme a immédiatement été prise en charge par le personnel médical de la clinique. Les premiers éléments de l’enquête ont ensuite permis d’établir un lien entre cet accouchement et la découverte du premier nouveau-né.
Identifiée sous les initiales S. Ndour, la jeune femme, âgée de 22 ans, est originaire de Fissel et travaille comme ménagère. Entendue par les enquêteurs, elle a livré un récit qui met en lumière les circonstances particulièrement difficiles dans lesquelles se sont déroulées ses deux naissances.
Elle affirme avoir ignoré qu’elle attendait des jumelles
D’après ses déclarations rapportées, S. Ndour se rendait à son lieu de travail dans la matinée lorsqu’elle a été prise de violentes douleurs abdominales aux environs du jardin public de Pikine Khourounar.Surprise par les contractions, elle aurait accouché une première fois en pleine rue. Pensant que le bébé était mort-né, elle l’aurait placé dans un sachet en plastique avant de le déposer sur la table d’une gargote.
Mais quelques instants plus tard, de nouvelles douleurs l’auraient contrainte à chercher refuge dans un bâtiment désaffecté situé à proximité. C’est dans cet endroit qu’elle aurait donné naissance à un second enfant, qui, lui, était vivant.
Selon les éléments rapportés lors de son audition, la jeune femme affirme n’avoir jamais bénéficié de consultations prénatales et ne pas avoir su qu’elle portait des jumelles.
Une grossesse cachée à l’entourage
Toujours selon les déclarations attribuées à la jeune femme, la grossesse serait issue d’une relation avec un homme identifié sous le nom de M. Sagne. Elle aurait dissimulé sa situation à ses proches et aux personnes avec lesquelles elle partage une chambre près du marché Chavanel.Ces éléments devront être examinés dans le cadre de l’enquête afin de mieux comprendre le contexte de cette grossesse et les circonstances ayant conduit aux deux accouchements sans assistance médicale préalable.
Une autopsie attendue, la justice informée
Pour déterminer avec précision les causes du décès du premier nouveau-né, une réquisition aux fins d’autopsie a été délivrée par les autorités compétentes. Les résultats de cet examen pourraient apporter des éléments déterminants pour la suite de la procédure.Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a été informé de l’évolution du dossier.
À ce stade, la jeune femme demeure en observation médicale avec son enfant survivant au centre de santé Baye Talla Diop, sous surveillance policière. Elle est soupçonnée d’infanticide, mais les circonstances exactes du décès restent à établir.
L’enquête se poursuit pour faire toute la lumière sur cette affaire, dans l’attente notamment des conclusions médico-légales. La présomption d’innocence demeure applicable tant que les faits n’ont pas été définitivement établis par la justice.







