Les faits remontent au 9 avril 2026, lorsque la Brigade de Recherches de Dakar a reçu une dénonciation anonyme signalant des activités suspectes dans un appartement meublé dénommé « Chez Badji », au 6e étage d’un immeuble à Ouakam. Selon la source, plusieurs jeunes hommes et femmes s’y seraient retrouvés pour des consommations de drogue et des actes à caractère sexuel.
Une intervention des forces de l’ordre a alors été effectuée sur les lieux. Sur place, les gendarmes ont interpellé six jeunes femmes et deux hommes, tous âgés de 18 à 31 ans et issus de différentes localités du Sénégal. Certains auraient été retrouvés en état d’ébriété, selon les éléments de l’enquête. Les profils des mis en cause sont variés, allant de commerçantes à un artiste et un ingénieur présenté comme dirigeant d’entreprise.
Lors de la perquisition, les enquêteurs déclarent avoir découvert une bouteille de protoxyde d’azote (gaz hilarant), des cartouches métalliques, des résidus de haschisch ainsi qu’un appareil de type vibromasseur. Ces éléments ont été placés sous scellés et intégrés au dossier d’enquête, alimentant les soupçons de consommation de substances illicites au sein du groupe.
Devant les enquêteurs puis à la barre, les versions des prévenus se sont révélées contradictoires. Certains affirment avoir été simplement invités dans un cadre amical, niant toute consommation de drogue. D’autres reconnaissent la présence de substances mais contestent leur usage ou leur implication directe dans leur acquisition. Plusieurs mis en cause soutiennent également ne pas avoir été informés de la nature exacte de la rencontre.
La locataire de l’appartement, identifiée comme F. D. Camara, reconnaît avoir loué le logement pour ses séjours à Dakar et évoque un usage partagé avec une amie. Elle admet par ailleurs que plusieurs personnes y ont été invitées. Dans ses déclarations, elle affirme qu’un achat de “ballons” de gaz hilarant a été envisagé et évoque l’implication financière de son entourage pour se procurer la substance. Ces déclarations sont toutefois contestées par d’autres membres du groupe, notamment son compagnon, qui nie toute participation à l’achat ou à la consommation.
Une autre mise en cause, L. A. Boughaleb, affirme au contraire avoir participé à la recherche du fournisseur et soutient que toutes les personnes présentes auraient consommé les substances, à l’exception de deux individus. Ces derniers, selon l’enquête, auraient déjà été écartés des poursuites liées à la consommation de drogue.
Au-delà de la drogue, le dossier comporte également des soupçons d’actes contre nature. Les enquêteurs ont procédé à l’exploitation des téléphones portables saisis afin d’approfondir les investigations. Les résultats de cette analyse technique n’ont pas encore été dévoilés au tribunal mais pourraient jouer un rôle déterminant dans la suite de la procédure.
Finalement, le procureur de la République a demandé le renvoi de l’affaire, invoquant la nécessité d’examiner ces nouveaux éléments numériques. Le procès a ainsi été reporté au 22 avril 2026, date à laquelle les résultats de l’exploitation des téléphones devraient être présentés et pourraient éclairer davantage les responsabilités de chacun dans cette affaire qui continue de susciter de nombreuses interrogations.
