Menu
L'Actualité au Sénégal

Nigeria : l’absence de l’État favorise l’implantation des groupes jihadistes


Rédigé le Dimanche 8 Février 2026 à 11:29 | Lu 52 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Au Nigeria, la menace jihadiste continue de s’étendre, profitant des failles sécuritaires et de l’absence prolongée de l’État dans certaines régions reculées. Le président Bola Ahmed Tinubu a ordonné le déploiement d’un bataillon de l’armée dans le district de Kaiama, dans l’État de Kwara, à la suite d’une attaque meurtrière survenue en début de semaine.


L’assaut, perpétré dans le village de Woro, a fait au moins 160 morts selon les autorités locales. Les premiers éléments pointent vers des combattants jihadistes, dans un pays déjà fragilisé par plus de quinze années d’insurrection armée, notamment dans le nord-est, où Boko Haram et sa branche dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), continuent de semer la terreur.
 

Mais la menace ne se limite plus à ces deux groupes. Selon Malik Samuel, chercheur à l’organisation Good Governance Africa, au moins six groupes jihadistes distincts opèrent aujourd’hui sur le territoire nigérian. Une situation rendue possible par la porosité des frontières et la faiblesse de la présence étatique dans certaines zones rurales.
 

« Le Nigeria est devenu un terrain fertile pour ces groupes armés. Ils profitent de frontières mal contrôlées et de régions où l’État est quasiment absent », explique l’analyste. Des organisations comme le JNIM, pourtant historiquement implantées au Sahel, ont désormais une présence active au Nigeria. D’autres groupes, à l’image de Lakurawa, bien que basés localement, seraient issus de mouvances sahéliennes.
 

Ce vide sécuritaire facilite l’installation durable des groupes armés, qui imposent parfois leur propre ordre, recrutent localement et étendent leur influence. Le risque, selon les experts, est de voir ces organisations coordonner leurs actions ou nouer des alliances circonstancielles contre un ennemi commun : l’État nigérian.
 

Face à cette menace multiforme et en expansion, le déploiement militaire à Kaiama apparaît comme une réponse d’urgence. Toutefois, de nombreux observateurs estiment qu’une solution durable passe aussi par le renforcement de la gouvernance locale, des services publics et de la présence administrative dans les zones les plus vulnérables.



Lat Soukabé Fall

Nouveau commentaire :