Selon des informations rapportées par L'Observateur, les mises en cause identifiées par leurs initiales Ch. P. Atanda (31 ans), D. E. Joe (30 ans), E. E. Daniel (39 ans), A.-Ch. Aluma (28 ans) et M. O. Ojo (20 ans) exploitaient clandestinement un établissement ouvert sans autorisation administrative. Derrière l’enseigne de massage se cachait un réseau organisé où de jeunes femmes, recrutées au Nigeria sous de fausses promesses d’emploi, étaient contraintes à se prostituer dès leur arrivée au Sénégal.
L’affaire a éclaté grâce au numéro vert de la Police nationale. L’une des victimes présumées a alerté les autorités, dénonçant la « tenancière » supposée du réseau. La géolocalisation du signalement a conduit les enquêteurs dans un appartement situé au quatrième étage d’un immeuble à Ngor, où trois suspectes ont été surprises en train de consommer du chanvre indien.
La perquisition a permis de mettre au jour des éléments accablants confirmant l’ampleur des activités illicites. Les policiers ont saisi plusieurs cornets de chanvre indien, des préservatifs dont certains usagés , des produits de stimulation sexuelle, des lubrifiants, des huiles de massage, des jouets sexuels ainsi que des gélules blanches suspectées d’être des stupéfiants. Autant d’indices corroborant l’existence d’une activité de prostitution structurée.
L’enquête a également révélé que la gestionnaire présumée encaissait directement les revenus issus des passes imposées aux jeunes femmes. Déférées au parquet, les cinq suspectes font désormais face à des chefs d’accusation lourds : traite de personnes, proxénétisme, usage collectif de drogue et exercice illégal de la profession de masseuse. Une affaire qui relance le débat sur les réseaux transnationaux d’exploitation et la vulnérabilité des jeunes migrantes dans la capitale sénégalaise.
