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Jalousie familiale : il lance une brique sur son cousin et échappe à la perpétuité


Rédigé le Samedi 28 Février 2026 à 17:27 | Lu 39 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Une scène banale, une remarque anodine, puis un geste irréparable. Ng. D. Guèye, 30 ans, a comparu devant la Chambre criminelle de Dakar pour tentative d’assassinat sur son cousin, El H. O. Guèye. Des faits qui remontent au 1er septembre 2023 et qui trouvent leur origine dans un épisode familial aussi banal que troublant


Selon les éléments évoqués à l’audience et rapportés par L’Observateur, tout serait parti d’une discussion au cours de laquelle une tante félicitait chaleureusement la victime pour son comportement jugé exemplaire. Une scène qui, en apparence, ne présageait rien de dramatique.
 

Mais pour l’accusation, cette séquence aurait agi comme un déclencheur. Piqué par la jalousie, Ng. D. Guèye aurait laissé éclater sa frustration. Des menaces auraient précédé le passage à l’acte.
Depuis une terrasse, il aurait saisi une brique  qu’il minimise en parlant d’« une petite pierre »  avant de la projeter en direction de son cousin.
 

Le projectile atteint la victime à la tête. Touché violemment, El H. O. Guèye s’effondre. Il sera rapidement secouru, évitant de justesse une issue fatale.

 

Poursuivi initialement pour tentative d’assassinat, l’accusé risquait la réclusion criminelle à perpétuité. Mais à la barre, un élément a pesé dans la balance : l’attitude de la victime elle-même.
 

Dans un geste d’apaisement rare, El H. O. Guèye a déclaré :

« Je lui pardonne, c’est mon cousin. Je ne réclame aucun dédommagement. »
 

Un pardon familial qui a influencé la position du parquet. Le procureur a estimé que l’intention de donner la mort n’était pas suffisamment établie. Il a ainsi demandé la requalification des faits en coups et blessures volontaires avec préméditation, requérant une peine de deux ans d’emprisonnement, dont six mois ferme.

 

Face aux juges, Ng. D. Guèye a exprimé ses regrets.

« Je ne voulais pas le tuer, mais le blesser. »

Un aveu qui, loin de l’innocenter totalement, traduit selon la défense un acte impulsif, né d’une bagarre verbale qui aurait dégénéré.

Son avocat, Me Khadim Kébé, a plaidé la spontanéité du geste, évoquant une altercation familiale qui aurait pris une tournure dramatique sans réelle intention homicide. Il a sollicité la clémence de la Cour.

 

Le délibéré est fixé au 24 mars prochain. En attendant, cette affaire rappelle combien les tensions familiales, lorsqu’elles sont nourries par l’orgueil et la jalousie, peuvent basculer en violence extrême.
 

Un simple mot de félicitation aura suffi à transformer un rassemblement familial en dossier criminel.



Lat Soukabé Fall

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