Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé mardi le déblocage imminent d’un financement d’urgence de 800 millions de francs CFA destiné à renforcer la protection du littoral de Bargny, une commune de la région de Dakar particulièrement affectée par l’érosion côtière.
Cette annonce a été faite lors d’une visite sur le site, organisée pour constater l’ampleur des dégâts causés par l’avancée de la mer. Le ministre a précisé que ce montant est inscrit dans le budget de l’année 2026 et qu’il servira à la construction d’une digue d’enrochement visant à protéger les habitations menacées.
Devant des élus locaux, des autorités administratives et plusieurs responsables, Abdourahmane Diouf a réaffirmé que les 800 millions de francs CFA sont bel et bien budgétisés, soulignant le caractère acquis de cette enveloppe financière.
Il a également indiqué que le génie militaire a été retenu pour la réalisation de cette infrastructure sur la zone la plus exposée de Bargny. La digue devrait couvrir une distance estimée entre 600 et 800 mètres. Selon lui, si aucun obstacle administratif ne survient, les travaux pourraient démarrer rapidement, idéalement avant le prochain hivernage. Il a toutefois précisé qu’il s’agit d’une solution d’urgence à court terme, mise en œuvre dans le cadre d’une procédure exceptionnelle.
À plus long terme, le ministre a évoqué la possibilité de mettre en place une digue d’enrochement similaire sur une plus grande échelle, afin d’apporter une réponse durable à l’érosion du littoral.
Par ailleurs, Abdourahmane Diouf a rappelé que l’État du Sénégal travaille sur des solutions structurelles de protection des côtes, notamment à travers un vaste projet de partenariat avec le gouvernement des Pays-Bas, évalué à 50 milliards de francs CFA.
Concernant spécifiquement Bargny, il a assuré que des options existent du point de vue de l’État. Il a indiqué que les autorités sont disposées à accompagner la mairie, qui a déjà identifié des terres destinées à un repli stratégique des populations exposées. La question de l’acceptabilité sociale de cette démarche reste toutefois à consolider.
Enfin, le ministre a rappelé avoir effectué, lundi et mardi, plusieurs visites dans la région de Dakar, notamment à la décharge de Mbeubeuss, au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine, ainsi que sur le littoral de Bargny.

