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L'Actualité au Sénégal

Dette du Sénégal : des économistes africains et asiatiques cherchent des alternatives au FMI


Rédigé le Mardi 12 Mai 2026 à 16:42 | Lu 37 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Réunis à Dakar ce lundi 11 mai, des économistes et experts venus d’Afrique et d’Asie ont lancé un vaste débat sur les solutions possibles pour aider le Sénégal à sortir de la crise de la dette qui secoue actuellement le pays. Cette rencontre intervient dans un contexte économique particulièrement tendu, marqué par une dette publique jugée inquiétante et par des interrogations croissantes sur la capacité de l’État à honorer ses engagements financiers.


Organisé par le réseau d’économistes progressistes Ideas Africa Network (IDAN), le forum ambitionne de proposer des solutions différentes de celles traditionnellement défendues par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, souvent accusés d’imposer des politiques d’austérité lourdes de conséquences sociales et économiques.
 

Une remise en cause des recettes du FMI

Parmi les voix les plus critiques figure l’économiste sénégalais Demba Moussa Dembele, qui estime que les stratégies imposées depuis plusieurs décennies n’ont pas permis au Sénégal de sortir durablement de ses difficultés économiques.
 

Selon lui, les politiques de réduction des dépenses publiques et de limitation des investissements de l’État ont plutôt aggravé les problèmes économiques et sociaux. Il appelle ainsi à rompre avec ce modèle afin d’explorer des approches davantage orientées vers la souveraineté économique et la relance de l’investissement public.
 

Plusieurs pistes évoquées

Durant les échanges, plusieurs solutions ont été avancées pour alléger le poids de la dette sénégalaise :

  • une restructuration partielle de certains prêts ;
  • une renégociation des conditions de remboursement ;
  • l’augmentation des recettes fiscales sans freiner l’investissement ;
  • ou encore l’annulation d’une partie de la dette jugée « illégitime ».

Des exemples étrangers ont été cités pour illustrer ces pistes. Le Kenya a notamment été présenté comme un modèle de mobilisation fiscale et d’attractivité économique, tandis que le Pakistan défend l’idée d’une alliance des pays du Sud pour réclamer une remise de certaines dettes.
 

L’expert Elimane Haby Kane a, lui, évoqué le cas de l’Uruguay, qui avait réussi à réduire considérablement le poids de sa dette grâce à un long processus de négociation avec ses créanciers.
 

Dépassionner le débat sur la dette

Pour Ibrahima Niang, enseignant à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, cette initiative permet surtout de sortir le débat du terrain purement politique.
 

Le sociologue estime qu’il est essentiel que des experts indépendants puissent analyser sereinement la situation économique du pays afin d’éclairer les décisions futures des autorités.
 

Une conférence attendue par le gouvernement

La rencontre se poursuit jusqu’au mercredi 13 mai et devrait déboucher sur une série de recommandations destinées aux décideurs politiques sénégalais. Le Premier ministre Ousmane Sonko est attendu à la conférence ce mardi 12 mai.
 

Alors que le Sénégal traverse une période économique délicate, les conclusions de ces travaux pourraient influencer les futures orientations budgétaires et financières du gouvernement, notamment dans ses discussions avec les partenaires internationaux et les institutions financières.



Lat Soukabé Fall

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