Seydou Madani Sy, ancien ministre, médiateur de la République et premier recteur sénégalais de l’Université de Dakar, est décédé mercredi à Dakar à l’âge de 92 ans, selon plusieurs sources concordantes, dont l’institution universitaire qu’il a dirigée.
Archiviste paléographe de formation, il était titulaire d’un doctorat en droit obtenu à l’Université de Dakar ainsi que d’une agrégation en droit public.
Après avoir exercé comme maître de conférences puis professeur de droit public à la faculté de droit et des sciences économiques, il en devient le doyen entre 1968 et 1971. Il est ensuite nommé premier recteur sénégalais de l’Université de Dakar, fonction qu’il occupe de 1971 à 1986.
Dans un message publié sur sa page Facebook, l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) a rendu hommage à celui qui, selon elle, a incarné « une université exigeante, souveraine et profondément engagée dans la construction intellectuelle du Sénégal indépendant ». L’institution souligne que son action a marqué durablement la gouvernance universitaire, la formation des élites et le rayonnement académique de l’université, rebaptisée en 1987 du nom de Cheikh Anta Diop.
« En ces moments de recueillement, l’UCAD s’incline devant la mémoire d’un grand serviteur du savoir », indique le message, ajoutant que le recteur Alioune Badara Kandji, au nom de la communauté universitaire, a présenté ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches et au monde académique.
Seydou Madani Sy a également occupé plusieurs hautes fonctions de l’État. Il a été garde des Sceaux, ministre de la Justice de 1986 à 1989, ambassadeur du Sénégal au Royaume-Uni de 1990 à 1993, puis ministre et conseiller spécial du président Abdou Diouf entre 1993 et 1997. Il a enfin exercé la fonction de médiateur de la République de 1997 à 2003.
Auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés au droit constitutionnel et aux finances publiques, il laisse une œuvre intellectuelle reconnue.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réagi à cette disparition en exprimant sa « profonde tristesse ». Dans un message publié sur Facebook, il a salué la mémoire d’« un grand serviteur de l’État », soulignant son engagement, sa rigueur morale et son attachement aux valeurs républicaines.
Le chef de l’État a adressé ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches ainsi qu’aux communautés universitaire et judiciaire, concluant par une prière pour le repos de son âme.

