Une manœuvre qui vire au drame
Le drame s'est produit aux environs de 14 heures, alors que le jeune ouvrier effectuait des travaux d'enduit sur la façade du troisième étage d'un immeuble en construction de type R+4.D'après les témoignages recueillis sur place, A. Diallo travaillait en hauteur tandis que son collègue, M. Ndong, installé sur la terrasse supérieure, était chargé de lui fournir le mortier nécessaire à l'exécution des travaux.
Le ravitaillement s'effectuait à l'aide d'un récipient rempli de mortier, attaché à une corde passant par une poulie. C'est au cours de cette opération que la corde aurait brusquement cédé. La charge s'est alors décrochée et aurait violemment heurté le jeune maçon, lui faisant perdre l'équilibre.
Projeté dans le vide, A. Diallo a terminé sa chute sur la terrasse d'une concession voisine située au rez-de-chaussée. Le choc lui a été fatal.
Des manquements préoccupants aux règles de sécurité
Alertés, les éléments du commissariat d'arrondissement de Pikine, sous le commandement du commissaire Alioune Fall, se sont rendus sur les lieux. Ils y ont découvert le corps sans vie du jeune ouvrier.Les premières constatations ont révélé de graves lésions au niveau de la tête, d'importants saignements au nez ainsi que plusieurs égratignures sur les bras.
Au-delà de la rupture de la corde, les enquêteurs ont relevé plusieurs insuffisances dans les mesures de prévention des accidents. Selon les premières constatations rapportées, aucun des ouvriers présents ne portait d'équipement de protection individuelle. Le chantier ne disposait pas non plus de dispositifs de protection collective contre les chutes, notamment d'échafaudages réglementaires ou de filets de sécurité.
Ces éléments soulèvent des interrogations sur les conditions dans lesquelles les ouvriers exerçaient leur activité et sur le respect des obligations de sécurité applicables aux travaux en hauteur.
Le collègue entendu, l'entrepreneur convoqué
Dans le cadre de l'enquête, la corde impliquée dans l'accident a été saisie par les forces de l'ordre afin de servir de pièce à conviction. Les sapeurs-pompiers ont, pour leur part, procédé à l'enlèvement du corps en vue de son dépôt à la morgue et de la réalisation d'une autopsie.Le collègue de la victime, M. Ndong, a été conduit au commissariat pour être entendu sur les circonstances du drame. Quant à l'entrepreneur chargé du chantier, identifié sous les initiales L. Guissé, il aurait été convoqué pour audition, alors qu'il était absent au moment de l'accident.
Le procureur Saliou Dicko a été informé des faits. L'enquête se poursuit afin de déterminer les circonstances exactes de cette chute mortelle et d'établir les éventuelles responsabilités.
La mort de ce jeune maçon remet une nouvelle fois au centre du débat la question de la sécurité des travailleurs du bâtiment, particulièrement sur les chantiers où les ouvriers sont exposés aux risques de chute en hauteur. Le port des équipements adaptés et l'installation de dispositifs de protection appropriés constituent des enjeux majeurs pour prévenir de tels drames.







