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Cancer au Sénégal : près d’une personne sur dix concernée au cours de sa vie


Rédigé le Mercredi 4 Février 2026 à 21:57 | Lu 37 fois Rédigé par


Au Sénégal, environ 12 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année, avec une mortalité jugée préoccupante par les spécialistes du secteur.


Cancer au Sénégal : près d’une personne sur dix concernée au cours de sa vie

 

Le risque de développer un cancer au Sénégal est estimé à 11 %, soit près de 12 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, selon les déclarations du chirurgien-cancérologue Ahmadou Dème, faites mercredi.

« Le risque d’incidence du cancer dans notre pays est de l’ordre de 11 %, ce qui correspond à environ 12 000 nouveaux cas par an. Autrement dit, une personne sur dix est susceptible d’être touchée par un cancer au cours de sa vie », a-t-il expliqué.

Le professeur Dème, universitaire et membre de la Société sénégalaise de cancer (SOSECAN), s’exprimait lors d’une table ronde organisée à l’occasion de la Journée internationale contre le cancer, célébrée chaque 4 février. L’édition de cette année est placée sous le thème « United by Unique » (Unis par l’unique).

Il a souligné que le Sénégal se situe dans une configuration où l’incidence du cancer et la mortalité associée sont étroitement liées. Selon lui, le nombre de décès liés à cette maladie est estimé à environ 8 000 par an, avec un risque de mortalité avant l’âge de 75 ans évalué à près de 8 %.

Prenant part aux échanges, le directeur général de la Santé au ministère en charge du secteur, le professeur Ousmane Cissé, a confirmé que la situation demeure préoccupante. Il a indiqué que le pays enregistre chaque année environ 11 841 nouveaux cas de cancer.

D’après des données du Centre international de recherche sur le cancer qu’il a citées, les cancers du col de l’utérus, du sein, du foie, de la prostate et de l’estomac figurent parmi les plus fréquents, avec plus de 8 000 décès recensés.

Le professeur Cissé s’est également réjoui de la relance du Registre national du cancer en 2022, soulignant que cet outil permet désormais au Sénégal de disposer de données plus fiables afin de mieux orienter les actions de prévention et de lutte.

Il a évoqué, à ce titre, une collecte rétrospective menée entre 2015 et 2024 dans 32 structures publiques et privées de prise en charge, ayant permis l’analyse de plus de 30 000 cas. Cette étude met en évidence une forte prévalence de certains cancers, notamment ceux du sein, du col de l’utérus et de la prostate.

Les données recueillies révèlent également d’importantes disparités régionales, avec près de 41 % des cas concentrés dans les régions de Dakar et de Thiès. Une situation qui, selon lui, souligne la nécessité de renforcer l’accès aux soins et au dépistage sur l’ensemble du territoire national.

Présente à cette rencontre, la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Oubraham Rylia, a appelé les partenaires et donateurs à soutenir des programmes durables, intégrés et à fort impact préventif.

Elle a également invité les professionnels de santé à poursuivre leurs efforts avec compétence et compassion, en rapprochant les services des communautés et en renforçant la confiance dans les soins.

Enfin, elle a rappelé que les personnes vivant avec le cancer ainsi que les patients guéris doivent demeurer au centre des stratégies nationales, non seulement comme bénéficiaires des soins, mais aussi comme acteurs et partenaires du changement, en accord avec le thème de la Journée mondiale de cette année.




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