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Cameroun : 15 membres d’une même famille massacrés dans le Nord-Ouest anglophone


Rédigé le Jeudi 15 Janvier 2026 à 19:04 | Lu 56 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Une attaque armée d’une rare violence a endeuillé la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun. Selon des informations recueillies par RFI, quinze membres d’une même famille ont été tués à l’aube du mercredi 14 janvier 2026 dans la commune de Ndu, département du Donga-Mantung, à une quarantaine de kilomètres de la frontière nigériane.


D’après le gouverneur de la région, Adolphe Lele Lafrique, des hommes lourdement armés ont fait irruption vers 5h30 du matin dans le quartier de Gidado, ouvrant le feu sur les habitants. Le bilan initial faisait état de 14 morts — un homme d’environ 40 ans, six femmes et sept enfants âgés de 2 à 11 ans. Un blessé a succombé à ses blessures par la suite, portant le nombre total de victimes à 15, selon le maire de Ndu.
 

Les assaillants, venus du département voisin de Bui, ont également incendié plusieurs habitations, des greniers et des véhicules. Une mosquée a été criblée de balles et quinze têtes de bétail ont été abattues, aggravant encore le choc au sein de la population locale.
 

Le maire de la commune, Abdou Kanfon Borno, affirme que toutes les victimes appartenaient à la communauté peule Mbororo, minoritaire dans une zone majoritairement peuplée de Wimboum. Visiblement bouleversé, l’édile s’inquiète d’une détérioration du vivre-ensemble, déjà fragilisé depuis le déclenchement du conflit armé en 2017 dans les régions anglophones.
 

Selon lui, les Mbororo sont régulièrement pris pour cible par des groupes séparatistes, souvent accusés de les considérer comme des collaborateurs de l’administration et de l’armée camerounaises. « Avant la crise, nous vivions en parfaite harmonie. Depuis, ils sont stigmatisés, harcelés, pillés, et aujourd’hui massacrés », déplore-t-il.
 

À ce stade, aucun groupe armé séparatiste n’a revendiqué l’attaque. Le maire de Ndu appelle néanmoins l’État camerounais à renforcer la sécurité et à mettre un terme à ces violences récurrentes qui, selon lui, plongent les populations locales dans une lassitude et une peur permanentes.



Lat Soukabé Fall

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