Selon les autorités de Banjul, Sanna Manjang faisait partie des « Junglers », un groupe paramilitaire tristement célèbre pour avoir exécuté les basses œuvres du régime Jammeh entre 1994 et 2017. Accusés d’intimidations, de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires, ces hommes ont été au cœur des révélations de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC).
Le ministère gambien de l’Information a précisé que les démarches étaient en cours pour organiser le rapatriement de Sanna Manjang, saluant la coopération des autorités sénégalaises dans la lutte contre l’impunité et la consolidation de la justice régionale.
Le nom de Sanna Manjang était apparu lors des audiences de la TRRC comme l’un des participants à l’opération ayant coûté la vie à Deyda Hydara, journaliste respecté et cofondateur du journal The Point, connu pour ses critiques du pouvoir et ses prises de position en faveur de la liberté de la presse. Malgré une enquête officielle en 2006, aucune conclusion n’avait été tirée sous le régime Jammeh.
Cette arrestation s’inscrit dans un contexte de coopération internationale accrue. En 2023, la justice allemande avait condamné à perpétuité Bai Lowe, ancien chauffeur des « Junglers », pour sa participation à plusieurs assassinats politiques, dont celui de Deyda Hydara. Son appel a été rejeté en 2024. L’arrestation de Sanna Manjang constitue ainsi une nouvelle étape dans la lutte contre l’impunité en Gambie.

