L’universitaire et juriste sénégalais Abdoulaye Sakho a exprimé, jeudi, sa vive inquiétude face à l’ampleur de la fraude sur l’âge dans le sport au Sénégal, qu’il qualifie de problème majeur nécessitant des réponses conformes aux principes éthiques.
S’exprimant lors de l’ouverture d’un panel intitulé « Quels leviers pour un développement éthique et durable ? », organisé dans le cadre de la rentrée de la Fondation Kéba Mbaye, il a affirmé que cette pratique constitue la principale dérive dans le sport local. Selon lui, contrairement au dopage, la fraude sur l’âge est largement banalisée.
« La fraude sur l’âge est ce qui dérange le plus dans le sport. Ce n’est pas le dopage, chez nous on le néglige. C’est un gros problème », a-t-il déclaré.
Fondateur du master droit et économie du sport à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et directeur de l’institut privé de formation EDGE, Abdoulaye Sakho estime que cette situation engage une responsabilité collective. Il a dénoncé un silence généralisé autour de cette pratique, qu’il assimile à une forme de tricherie.
Pour l’agrégé en droit privé, la recherche de réussite financière ne saurait justifier une violation des règles éthiques. Il a également insisté sur la question de la protection des mineurs, précisant que celle-ci incombe avant tout aux dirigeants sportifs et aux familles, et non aux enfants eux-mêmes.
Il a souligné que les mineurs constituent une catégorie particulièrement vulnérable, davantage exposée sur le plan social que strictement sportif.
Enfin, l’universitaire a invité les autorités à envisager la mise en place d’un baccalauréat sportif comme piste de réflexion.
