L’affaire Nourah Bah continue de susciter l’attention au Sénégal. En quelques jours, le dossier de cette influenceuse a pris une nouvelle dimension judiciaire. Partie de publications controversées sur les réseaux sociaux, la procédure s’intéresse désormais également à l’origine de ses documents d’état civil et aux circonstances dans lesquelles de nouvelles pièces d’identité auraient été obtenues.
Connue sous le pseudonyme de Nourah Bah et présentée sous le nom de Mariama Bah dans les informations relatives à la procédure, l’intéressée a été interpellée par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), avant d’être déférée au parquet puis placée sous mandat de dépôt par le juge du huitième cabinet du tribunal de Dakar.
Des publications à l’origine de l’affaire
L’affaire trouve son origine dans des publications diffusées par Nourah Bah sur les réseaux sociaux. Certains propos qui lui sont attribués auraient été jugés injurieux et contraires aux bonnes mœurs.À la suite de ces publications, la Division spéciale de cybersécurité a ouvert des investigations afin de déterminer la nature des contenus incriminés et les responsabilités éventuelles de leur auteure présumée.
Les faits évoqués dans la procédure concernent notamment des injures et des discours contraires aux bonnes mœurs. D’autres qualifications ont également été mentionnées au cours de l’évolution du dossier.
L’interpellation et le déferrement au parquet
L’intervention des enquêteurs marque le début d’une procédure qui va rapidement prendre une tournure judiciaire. Après son interpellation, Nourah Bah est entendue dans le cadre de l’enquête portant sur ses publications.Le lundi 12 octobre 2026, elle est déférée au parquet de Dakar. Cette étape permet au ministère public d’examiner les éléments recueillis par les enquêteurs et de déterminer les suites à donner à l’affaire.
Le dossier connaît ensuite de nouveaux développements avant d’être confié à un juge d’instruction. Les investigations ne se limitent alors plus aux seuls contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
L’ouverture d’une information judiciaire
Une information judiciaire est ouverte et le dossier est confié au juge du huitième cabinet du tribunal de Dakar.Cette procédure permet au magistrat instructeur d’approfondir les investigations, d’examiner les éléments disponibles et d’entendre la personne mise en cause.
Les accusations rapportées portent notamment sur des injures, des faits présumés de faux et usage de faux ainsi que des discours contraires aux bonnes mœurs.
À ce stade, les faits reprochés à l’influenceuse restent soumis à l’examen de la justice. L’ouverture d’une information judiciaire ne constitue pas une déclaration de culpabilité.
Le placement sous mandat de dépôt
Le mercredi 14 octobre 2026, Nourah Bah est placée sous mandat de dépôt par le juge du huitième cabinet du tribunal de Dakar.Cette décision marque une étape importante dans la procédure. L’influenceuse est désormais détenue dans le cadre de l’instruction judiciaire portant sur les faits qui lui sont reprochés.
Mais alors que l’attention se concentrait jusque-là sur ses publications, un autre volet commence à prendre de l’importance : celui de ses documents d’identité.
L’état civil au cœur des investigations
Les vérifications se tournent vers l’origine des documents d’état civil détenus par l’influenceuse et les conditions dans lesquelles ils auraient été établis.Les investigations concernent notamment Nguidilé, présentée comme sa commune de naissance. Les enquêteurs cherchent à comprendre les circonstances dans lesquelles une anomalie aurait été signalée sur son acte de naissance et les démarches entreprises par la suite.
Selon le récit attribué à Nourah Bah lors de son audition, elle possédait depuis son enfance un extrait de naissance qu’elle aurait utilisé durant sa scolarité.
En 2023, alors qu’elle cherchait à obtenir un document plus récent, elle aurait appris qu’une autre personne était enregistrée sous le même numéro d’acte.
Cette situation l’aurait poussée à rechercher une solution pour obtenir de nouvelles pièces d’état civil.
Le recours à un intermédiaire
Toujours selon les déclarations qui lui sont attribuées, Nourah Bah aurait sollicité un contact afin de l’aider dans ses démarches administratives.Elle lui aurait remis plusieurs documents, notamment des pièces relatives à ses parents et à son identité, pour engager une procédure visant à obtenir de nouveaux documents.
Environ une semaine plus tard, cet intermédiaire lui aurait remis un nouvel acte de naissance, des volets d’état civil ainsi qu’une copie littérale.
Les enquêteurs devront établir les circonstances exactes de ces démarches, vérifier les documents concernés et déterminer le rôle éventuel de cet intermédiaire.
La piste du jugement supplétif obtenu à Louga
Le jeudi 15 octobre 2026, un nouveau développement vient élargir le champ des investigations. Les enquêteurs s’intéressent désormais à un jugement supplétif qui aurait été obtenu au tribunal de Louga.Un jugement supplétif est une décision judiciaire qui peut permettre de faire établir un acte de naissance lorsqu’une naissance n’a pas été déclarée dans les délais prévus par la loi, sous réserve du respect de la procédure applicable.
Dans le dossier Nourah Bah, les investigations devront notamment déterminer si une telle décision a effectivement été rendue, quelles pièces ont été produites à l’appui de la demande et dans quelles conditions les documents qui en auraient découlé ont été délivrés.
Le rôle de l’intermédiaire évoqué dans les déclarations de l’intéressée constitue également un point à éclaircir.
Pour l’heure, l’existence d’une piste d’enquête ne permet pas de conclure à une fraude établie. Seules les vérifications judiciaires permettront de déterminer si la procédure a été régulièrement menée ou si des irrégularités ont été commises.
Deux volets dans une même affaire
L’affaire Nourah Bah comporte désormais deux principaux volets.Le premier concerne les publications diffusées sur les réseaux sociaux et les infractions présumées qui leur sont associées.
Le second porte sur les documents d’identité, l’anomalie signalée sur l’acte de naissance et la procédure qui aurait conduit à l’obtention de nouvelles pièces auprès des services compétents.
Les enquêteurs devront examiner séparément les faits liés aux publications et ceux concernant l’état civil, afin d’établir les éventuelles responsabilités.
Les questions qui restent en suspens
Plusieurs interrogations demeurent au cœur du dossier : quelle est l’origine exacte de l’anomalie signalée sur le premier acte de naissance ? Un jugement supplétif a-t-il effectivement été rendu à Louga ? Quelles démarches ont été entreprises pour obtenir les nouveaux documents ? Quel rôle l’intermédiaire évoqué aurait-il joué ?Les investigations devront également préciser les éléments matériels soutenant les accusations liées aux publications sur les réseaux sociaux.
Les réponses à ces questions dépendront des vérifications administratives, des auditions et des pièces examinées par le juge d’instruction.
Une affaire toujours en cours d’instruction
De son interpellation à son placement sous mandat de dépôt, l’affaire Nourah Bah a connu plusieurs étapes judiciaires en l’espace de quelques jours.Ce qui apparaissait initialement comme une procédure liée à des publications sur les réseaux sociaux s’étend désormais à des questions concernant l’état civil et les conditions d’obtention de documents administratifs.
La piste du jugement supplétif de Louga constitue aujourd’hui un nouvel axe d’investigation. Les autorités judiciaires devront établir les circonstances exactes des démarches entreprises et déterminer si des infractions ont été commises.
En attendant les conclusions de l’instruction, Nourah Bah bénéficie de la présomption d’innocence. Son placement sous mandat de dépôt ne constitue pas une condamnation définitive.







