À Thiès, de nombreuses personnes sans abri tentent de survivre dans des conditions très difficiles. Entre choix contraints, solitude et absence de soutien, elles vivent au quotidien une réalité marquée par le froid, l’incertitude et un profond sentiment de mise à l’écart. Dans les rues, sur les marchés ou sous des abris improvisés, beaucoup dorment dehors et tentent de subsister grâce à de petits services ou à la mendicité.
Conditions éprouvantes pour les adultes
Pour certains adultes, l’arrivée à Thiès résulte d’un parcours migratoire compliqué. L’un d’eux explique vivre depuis plusieurs mois dans un garage faute de pouvoir louer un logement. Sans famille et avec des revenus très faibles, il cherche à survivre en nettoyant des véhicules, une activité particulièrement difficile pendant les périodes de fraîcheur. La peur reste constante, car ces personnes exposées signalent souvent des incidents qui les empêchent de dormir sereinement.
Au marché central, les stands désertés deviennent, une fois la nuit tombée, des espaces de couchage improvisés. Certains ont fait de ces lieux leur refuge après des difficultés personnelles ou judiciaires. Leur survie repose alors sur la revente de matériaux récupérés ou de petits travaux occasionnels, accompagnée parfois de consommations destinées à atténuer le stress quotidien.
Ruptures familiales et jeunes en errance
La rue est aussi devenue un refuge forcé pour plusieurs jeunes fuyant des contextes familiaux difficiles. Certains se sont échappés d’écoles religieuses après avoir subi des traitements qu’ils jugeaient trop durs. Sans solutions de rechange, ils mendient pour se nourrir et redoutent de retourner dans leur environnement d’origine, craignant d’y revivre les mêmes situations.
D’autres ont quitté leur foyer après des désaccords persistants avec leurs parents. Ils expriment le besoin de choisir leur propre voie, loin des contraintes imposées. Ces jeunes dorment dans des espaces publics, se débrouillent pour se nourrir et admettent parfois adopter des comportements d’évasion pour supporter la solitude.
Il arrive également que certains soient mis à la porte de leur propre maison à cause de leurs habitudes jugées dérangeantes par leur entourage. Rejetés, ils se retrouvent seuls dans les rues malgré la proximité de leur famille, incapables de revenir par crainte d’un nouvel éloignement.
Une réalité façonnée par de multiples fractures sociales
Les situations vécues par ces personnes — adultes comme jeunes — découlent d'un ensemble de facteurs : pauvreté, tensions familiales, dépendances, parcours migratoires difficiles ou absence de prise en charge psychosociale. Invisibles durant la journée, particulièrement vulnérables la nuit, elles affrontent chaque jour une combinaison d’insécurité latente, de fatigue, de problèmes de santé et d’un regard social souvent dur.
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