J. Bangoura, ancien président de « Prudence », avait fait son « coming out » en 2017 lors d’une rencontre sur le VIH au Centre national de lutte contre le Sida. Face aux persécutions et à la stigmatisation, il s’est finalement exilé. D’autres militants continuent leur engagement à Dakar, mais restent extrêmement discrets, souvent avec des adresses fausses et une communication minimale.
Certains acteurs religieux et militants, dont l’Ong Jamra, dénoncent une utilisation supposée de la lutte contre le VIH comme couverture pour promouvoir l’homosexualité et recruter des membres parmi les jeunes vulnérables. Ces associations bénéficieraient aussi de financements étrangers importants, selon les détracteurs.
Pour D. Diouf, président de « Aides-Sénégal », ces structures ne sont pas des associations LGBT à proprement parler. Leur mission se limite à accompagner les populations clés (hommes ayant des rapports avec des hommes, travailleuses du sexe, usagers de drogues injectables) dans la prévention du VIH et l’accès aux soins. Selon le Dr D., 80 % des personnes LGBT sont bisexuelles au Sénégal, ce qui rend ces programmes essentiels pour la santé publique.
Alimatou Diop et Mme Kassé, ayant travaillé avec ces associations, confirment leur discrétion mais évoquent aussi les mariages entre homosexuels et les stratégies de recrutement. Selon elles, la pauvreté et les financements étrangers rendent certaines structures attractives pour de jeunes membres.
Le ministère de l’Intérieur ne délivre pas de récépissés aux associations LGBT mais uniquement aux structures de lutte contre le Sida selon les autorités.
Une enquête est en cours sur les associations mentionnées par Jamra, et toute dissolution éventuelle nécessiterait une décision judiciaire.
