Une activité illicite opérant dans l’ombre a récemment été mise au jour par les enquêteurs de la Brigade de recherches de Keur Massar. Il s’agissait d’un réseau organisé spécialisé dans la production et la diffusion de vidéos pour adultes dites « locales », commercialisées sous une appellation évoquant une origine sénégalaise. Après plusieurs mois d’investigations discrètes, les forces de l’ordre sont parvenues à démanteler cette filière.
D’après les révélations du journal Libération, six personnes ont été interpellées puis présentées au parquet de Pikine-Guédiawaye. Elles sont soupçonnées d’avoir joué différents rôles au sein du réseau, allant du recrutement à la production, en passant par la logistique et la diffusion des contenus.
Les mis en cause font face à plusieurs chefs d’accusation, notamment l’association de malfaiteurs, le proxénétisme, la collecte et la diffusion d’images à caractère personnel, ainsi que des faits de menaces, de chantage, de mise en danger d’autrui et des manquements aux obligations sanitaires, selon la même source.
L’enquête a permis d’établir l’existence de liens entre un acteur central du réseau et des gestionnaires de plateformes en ligne basés en Europe, opérant sous pseudonymes. Ces derniers administraient des sites spécialisés déjà signalés aux autorités, et faisaient l’objet d’un suivi par les services de cybersécurité dans des dossiers antérieurs.
Le fonctionnement du réseau reposait sur une organisation bien structurée. Les responsables étrangers assuraient le financement des productions, tandis que le recrutement des participants était effectué localement, principalement parmi des personnes issues du milieu de la prostitution. Les tournages et le montage des vidéos se déroulaient dans des appartements meublés loués spécifiquement pour ces activités.
Les échanges et le recrutement se faisaient majoritairement via les réseaux sociaux, notamment Instagram. Une intermédiaire jouait un rôle déterminant en approchant de nouveaux participants, attirés par des promesses de rémunération en contrepartie de leur participation aux vidéos.
L’affaire a éclaté à la suite d’un renseignement signalant la circulation de vidéos intimes d’origine sénégalaise sur des plateformes spécialisées. Pour remonter la filière, les gendarmes ont mis en place une opération d’infiltration impliquant une agente se faisant passer pour une actrice intéressée, ce qui a conduit à une première arrestation décisive.
L’analyse du téléphone d’un des principaux suspects a permis de découvrir plus d’une centaine de vidéos de ce type. Les enquêteurs ont constaté que les participants étaient majoritairement originaires du Sénégal, mais également d’autres pays africains. Certains enregistrements montraient des scènes impliquant plusieurs personnes, avec parfois des visages dissimulés, tandis que d’autres protagonistes apparaissaient clairement.
Lors de son audition, l’un des responsables présumés a reconnu avoir tiré d’importants gains financiers de ces activités. Ses déclarations ont facilité l’identification et l’arrestation progressive des autres membres du réseau, ainsi que la conduite de perquisitions ayant permis de saisir du matériel utilisé pour les tournages.
Les enquêteurs poursuivent désormais leurs recherches afin d’interpeller d’autres personnes déjà identifiées. L’enquête reste ouverte et pourrait déboucher sur de nouvelles interpellations, selon Libération.

