La cérémonie de pose de la première pierre du projet d’extension et d’équipement du Centre hospitalier régional El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène de Thiès a marqué, ce jeudi 27 février 2026, une étape majeure dans le renforcement de l’offre de soins dans la région. En présence du ministre de la Santé Dr. Ibrahima Sy et de l’Hygiène publique, de l’ambassadeur du Japon au Sénégal Monsieur Takeshi AKAMATSU , des autorités administratives et territoriales ainsi que des responsables hospitaliers, l’événement a consacré le démarrage officiel d’un chantier structurant estimé à plus de 12 milliards de francs CFA.
À travers ce projet, l’État du Sénégal, avec l’appui du Japon, entend apporter une réponse durable à plusieurs défis sanitaires majeurs : la surcharge de l’hôpital régional, les évacuations fréquentes vers Dakar, mais aussi la montée des maladies non transmissibles au sein des populations.
Un tournant décisif pour le CHR de Thiès
Dans son allocution de bienvenue, Mme Mariama Cissokho, la directrice de l’établissement a salué une étape historique pour l’hôpital régional de Thiès, soulignant que cette extension va permettre de renforcer considérablement les capacités d’accueil, de diagnostic et de prise en charge.
Le projet prévoit notamment la construction d’un bâtiment R+3 destiné à abriter les consultations externes spécialisées et plusieurs services médicaux et chirurgicaux, ainsi que l’installation d’une IRM de dernière génération. Au total, l’infrastructure comprendra plus de 5 200 m² de surfaces construites, un bâtiment dédié à l’imagerie médicale, ainsi que 102 lits d’hospitalisation supplémentaires.
Pour la directrice, ce programme ne représente pas seulement une amélioration des conditions de travail du personnel médical et paramédical, mais surtout une avancée décisive pour garantir aux patients « une prise en charge de qualité, dans un environnement moderne, sécurisé et humanisé ».
Elle a également rappelé que cette nouvelle phase s’inscrit dans le prolongement d’une coopération ancienne et fructueuse entre le Sénégal et le Japon, qui a déjà permis, au fil des années, la modernisation du bloc opératoire, le renforcement de la radiologie et du laboratoire, ainsi que la formation continue du personnel.
Babacar Diop plaide pour un hôpital de niveau 3
Prenant la parole en sa qualité de maire de la ville de Thiès et de président du conseil d’administration de l’hôpital, Babacar Diop a rendu un vibrant hommage au personnel de santé, saluant son engagement quotidien dans des conditions souvent difficiles.
Le maire a insisté sur le caractère vital de cet établissement pour la région, le présentant comme un lieu de douleur, d’espoir, de naissance, de lutte et de dignité. Tout en se félicitant de l’extension annoncée, il a porté un plaidoyer fort en faveur d’un rehaussement du statut de l’hôpital régional de Thiès au niveau EPS 3.
Selon lui, le niveau d’activité du centre, son rayonnement régional et les investissements structurants en cours justifient pleinement une telle évolution. Il a ainsi appelé les autorités à répondre à cette vieille revendication des populations de Thiès, estimant que l’hôpital mérite un accompagnement à la hauteur de son rôle stratégique dans le dispositif sanitaire national.
Babacar Diop a par ailleurs salué l’appui du Japon, qu’il a présenté comme l’exemple d’une grande nation qui se distingue non par la domination, mais par sa capacité à aider d’autres peuples à se développer dans la dignité. Il a également adressé ses encouragements au ministre de la Santé, rappelant que la santé constitue, avec l’éducation, la sécurité et l’agriculture, l’un des piliers fondamentaux de toute nation.
Le Japon confirme son engagement pour la santé au Sénégal
L’ambassadeur du Japon au Sénégal a, pour sa part, replacé ce projet dans le cadre plus large de la coopération sanitaire entre les deux pays. Il a rappelé que lors de la TICAD 9 tenue à Yokohama, le Japon s’était engagé à soutenir la mise en place de systèmes de santé résilients en Afrique.
À Thiès, cet engagement prend désormais une forme concrète avec le lancement d’un chantier appelé à transformer profondément les conditions d’accès aux soins spécialisés dans la région. Le diplomate japonais a insisté sur le fait que ce partenariat ne se limite pas à la construction d’infrastructures, mais englobe également le renforcement des ressources humaines, l’amélioration des systèmes de santé et l’appui à la couverture sanitaire.
Le projet d’extension du CHR de Thiès financé par le Japon vise, selon lui, un double objectif : réduire les disparités géographiques dans l’accès aux soins et améliorer la prise en charge des maladies non transmissibles, notamment le diabète, les AVC, les tumeurs et autres pathologies nécessitant des examens spécialisés.
Grâce à ce nouvel investissement, les patients de Thiès et des zones environnantes ne seront plus systématiquement contraints de se rendre à Dakar pour bénéficier de certains examens lourds ou de soins spécialisés. L’ambassadeur a mis en avant l’importance d’un tel acquis pour des populations souvent confrontées à de longs déplacements, à des coûts supplémentaires et à des retards préjudiciables dans la prise en charge.
Il a enfin réaffirmé la volonté du Japon de rester aux côtés du Sénégal comme partenaire fidèle, ami sincère et acteur engagé dans la construction d’un système de santé plus équitable et plus performant.
Le ministre de la Santé inscrit le projet dans l’Agenda Sénégal 2050
En présidant la cérémonie, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a donné à l’événement une portée nationale. Pour lui, cette pose de première pierre dépasse largement le cadre symbolique : elle traduit une ambition renouvelée de renforcer la santé publique au Sénégal et participe directement à la construction de la souveraineté sanitaire voulue par les plus hautes autorités du pays.
Le ministre a expliqué que ce projet s’inscrit dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, dont l’un des axes majeurs porte sur la constitution d’un capital humain de qualité et la promotion de l’équité sociale. L’objectif, a-t-il rappelé, est clair : permettre à chaque citoyen sénégalais de se soigner là où il se trouve, dans des conditions conformes aux normes de qualité et de sécurité.
Il a particulièrement insisté sur la montée préoccupante des maladies non transmissibles, qui justifie pleinement l’orientation du projet vers des services spécialisés adaptés aux nouveaux profils épidémiologiques du pays. Selon lui, l’extension du CHR de Thiès va non seulement augmenter la capacité d’accueil de l’hôpital, mais aussi améliorer la fluidité des circuits de prise en charge, le confort des patients et les conditions d’exercice du personnel.
Le ministre a également rappelé la volonté du gouvernement de transformer qualitativement les structures hospitalières du pays, dans une logique de décentralisation des soins et de réduction des inégalités territoriales. Au-delà des infrastructures, il a plaidé pour un changement d’approche, allant d’un système essentiellement curatif à un système davantage préventif.
Enfin, il a assuré que le gouvernement, avec ses partenaires, veillera à la bonne exécution du chantier, dans le respect des délais, des normes techniques, environnementales et sociales, ainsi que des exigences de rigueur et de transparence.
Un projet structurant pour Thiès et sa région
Au terme de cette cérémonie, un message fort s’est dégagé des différentes interventions : Thiès se dote progressivement d’un outil hospitalier plus moderne, plus performant et plus proche des besoins réels des populations.
Le projet d’extension et d’équipement du Centre hospitalier régional El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène apparaît ainsi comme un investissement stratégique pour l’avenir sanitaire de la région. En améliorant l’accès aux soins spécialisés, en réduisant les évacuations vers Dakar et en renforçant le plateau technique local, il ouvre la voie à une prise en charge plus digne, plus rapide et plus efficace des patients.
Au-delà des murs et des équipements, les autorités ont voulu faire de cette cérémonie un signal d’espoir pour les populations, un hommage au personnel de santé et une illustration concrète de la coopération entre le Sénégal et le Japon au service du développement humain.
Avec cette première pierre, Thiès pose aussi les bases d’un nouvel horizon hospitalier