Menu
L'Actualité au Sénégal

Aviculture à Thiès : les éleveurs confrontés à la hausse des coûts et aux difficultés de vente


Rédigé le Mardi 19 Mai 2026 à 09:15 | Lu 19 fois Rédigé par


Dans la région de Thiès, les acteurs de la filière avicole font face à la hausse des intrants, au manque de poussins de qualité et à des problèmes de commercialisation malgré la progression du secteur.


Aviculture à Thiès : les éleveurs confrontés à la hausse des coûts et aux difficultés de vente

 

Depuis l’interdiction des importations de volailles en 2005, décidée dans un contexte mondial marqué par la grippe aviaire, l’aviculture sénégalaise a connu une forte progression. La production nationale est ainsi passée de cinq millions de volailles à plus de 60 millions de têtes en deux décennies, selon les acteurs du secteur. Malgré cette croissance, les éleveurs de Keur Madaro et Touba Peykouck, dans la région de Thiès, traversent aujourd’hui une période difficile.
Dans cette zone des Niayes, favorable à l’élevage avicole, les producteurs dénoncent principalement la hausse du prix des intrants, les difficultés d’approvisionnement en poussins de qualité et les problèmes d’écoulement de la production. Plusieurs exploitations sont fragilisées au point que certains éleveurs envisagent d’arrêter leurs activités.
D’après une enquête réalisée en 2022 pour la FAO à travers l’ECTAD, la région de Thiès reste la principale zone avicole du pays avec 786 fermes recensées, devant Dakar. Les départements de Thiès, Mbour et Tivaouane concentrent une grande partie des exploitations commerciales.
À Keur Madaro, Ndèye Diop, active dans le secteur depuis les années 2000, explique qu’elle est désormais obligée de combiner culture d’oignons et élevage de poulets pour maintenir son activité. Selon elle, les éleveurs vivaient mieux après l’arrêt des importations de volailles étrangères, car la commercialisation était plus simple.
Aujourd’hui, la situation est plus compliquée. L’avicultrice affirme avoir augmenté récemment sa production à l’occasion de la Korité, espérant profiter de la forte demande en poulets de chair. Cependant, une partie importante de sa production est restée invendue, provoquant des pertes qui l’ont contrainte à suspendre temporairement ses activités.
Elle évoque aussi l’instabilité des prix des poussins, leur qualité parfois insuffisante ainsi que les pertes importantes enregistrées chez certains petits producteurs, avec des mortalités élevées dès l’arrivée des poussins dans les fermes.
À Touba Peykouck, le vétérinaire et aviculteur Pape Ali Diallo partage le même constat. Présent dans la filière depuis 1994, il souligne que le secteur a connu une évolution importante après 2005, mais reste confronté à des contraintes persistantes. Selon lui, le coût élevé de l’aliment, les maladies virales et la pénurie de poussins pour les poules pondeuses compliquent fortement le travail des éleveurs.
Il rappelle que les prix de l’aliment ont fortement augmenté durant la période du Covid-19, passant de 12.000 à près de 18.000 francs CFA le sac. Même si une légère baisse a été observée par la suite, les charges demeurent lourdes pour les exploitants.
Le vétérinaire explique également que les commandes de poussins prennent parfois plusieurs mois avant d’être livrées et que les quantités reçues sont souvent insuffisantes. Il ajoute que la proximité entre les fermes facilite la propagation des maladies, notamment depuis l’apparition de la grippe aviaire H9 N2, responsable de fortes mortalités.
Malgré ces difficultés, les acteurs du secteur restent convaincus que la région possède un fort potentiel pour contribuer à la souveraineté alimentaire et au développement de l’aviculture au Sénégal.



Nouveau commentaire :