Une œuvre historique portée par des talents locaux
Inspirée de la grève historique des cheminots de la ligne Dakar-Niger (1947-1948), immortalisée dans le roman Les Bouts de bois de Dieu de Ousmane Sembène, la pièce retrace le combat acharné des travailleurs africains contre l’injustice et les inégalités sous l’administration coloniale.
Cette fois-ci, ce sont des comédiens et metteurs en scène issus de Thiès qui se sont approprié cette œuvre emblématique, lui insufflant une sensibilité locale et une résonance particulière dans une ville historiquement liée au chemin de fer.
Thiès, cœur battant du rail
Ancienne capitale ferroviaire du Sénégal, Thiès occupe une place centrale dans l’histoire de cette grève. En rejouant cette pièce, les artistes thiessois ont ravivé la mémoire collective d’une ville qui fut l’un des épicentres du mouvement syndical ouvrier en Afrique de l’Ouest.
Sur scène, leaders syndicaux, familles de cheminots et femmes courageuses prennent vie, incarnant la solidarité, la souffrance et l’espoir qui ont marqué cette lutte de plus de cinq mois.
Une mise en scène engagée et émouvante
La mise en scène, sobre mais intense, a mis en valeur le jeu des acteurs, la force des dialogues et la symbolique des scènes. Le public a suivi avec émotion cette fresque sociale, ponctuée de moments forts rappelant la détermination des cheminots face à la répression et à la précarité.
Les artistes thiessois ont su transmettre avec justesse l’esprit de résistance et de dignité qui animait les grévistes, tout en rendant hommage aux femmes, véritables piliers du mouvement.
Un message toujours actuel
Au-delà de l’hommage historique, le spectacle invite à une réflexion sur les luttes sociales contemporaines, la condition des travailleurs et l’importance de préserver la mémoire des combats passés. À Thiès, cette représentation a trouvé un écho particulier auprès des jeunes générations, appelées à s’approprier cette histoire.
Culture et transmission
Avec La Grève des cheminots du Dakar-Niger, les artistes thiessois démontrent que le théâtre reste un puissant outil de transmission, d’éducation et de conscientisation. Une manière de rappeler que les droits sociaux d’aujourd’hui sont le fruit de sacrifices et de luttes menées hier.

