Le ton de la presse marocaine est sévère. Le Desk note que « même si les disqualifications immédiates restent extrêmement rares, dans les conditions vécues à Rabat et le contexte de perturbations orchestrées par les Sénégalais, la sanction était parfaitement envisageable ». Le site pointe un précédent délicat : quitter le terrain pour protester ne mène pas forcément à la disqualification, tant que l’équipe revient jouer.
Pour 360, il faut frapper fort. « Seule une sanction exemplaire du Sénégal peut éviter que l’on assassine une deuxième fois le football », affirme le site, suggérant même le retrait du trophée et des primes, voire la disqualification des Lions pour les prochaines compétitions internationales, y compris le Mondial.
Selon la sociologue marocaine Leila Bouasria, interrogée par Tel Quel, cette défaite résonne comme un véritable choc national. « Le football agit comme un révélateur d’émotions collectives. La finale était l’expression d’une espérance longue et nourrie, et sa défaite crée un sentiment d’injustice qui dépasse le simple cadre sportif. » Elle souligne le rôle des réseaux sociaux, amplificateurs de ce qu’elle qualifie de « communautarisme émotionnel », où des milliers de personnes partagent la même colère et désignent un ennemi commun.
Malgré les tensions, les autorités des deux pays tentent de calmer le jeu. Dakar et Rabat insistent sur le dialogue et la sérénité. Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a eu un entretien avec son homologue marocain Aziz Akhannouch, et les deux dirigeants promettent de « consolider les liens séculaires » entre les deux nations, souligne Le Soleil. Walf Quotidien parle même de « match diplomatique », invitant à faire baisser la tension et à tourner la page des incidents.
Le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw s’est excusé pour son comportement « d’entraîneur amateur » lors du moment de tension extrême. Les Lions du Sénégal sont appelés à se concentrer sur les échéances à venir, notamment la Coupe du Monde aux États-Unis, avec l’ambition d’apprendre à célébrer leurs victoires « sur le toit du monde, plutôt qu’au bord d’un volcan ».

