À Rosso, dans la région de Saint-Louis, des jeunes du quartier Santhiaba maintiennent la pression pour que justice soit rendue à la famille de Vieux Talla Keïta, décédé, selon eux, à la suite d’une intervention policière à son domicile dans la nuit du 18 juin.
« Nous sommes réunis une nouvelle fois pour exiger que les autorités fassent toute la lumière sur la mort de notre frère Vieux Talla Keïta. Les images et vidéos que nous possédons montrent clairement qu’il a été frappé par des policiers », a affirmé Moustapha Djigo, porte-parole du groupe, lors d'une conférence de presse organisée jeudi à Rosso.
D’après ses déclarations, deux agents du commissariat de Rosso se seraient introduits vers 2 heures du matin au domicile de M. Keïta pour procéder à son arrestation.
Des affrontements ont éclaté mardi entre des jeunes de Rosso et les forces de l’ordre, dans un contexte de vive tension liée à ce décès.
Interrogé mercredi à Dakar, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé avoir demandé à plusieurs responsables, dont le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, de diligenter des enquêtes impartiales concernant des décès enregistrés à Rosso et à Cambérène, dans la région de Dakar.
Selon différentes sources, ces incidents, qualifiés de potentielles bavures policières, ont entraîné la mort de deux personnes à Cambérène et d’une autre à Rosso.
Le chef de l’État a instruit le ministre de l’Intérieur, Jean Baptiste Tine, et le directeur général de la Police nationale, Mame Seydou Ndour, à conduire des enquêtes rapides, à identifier les responsabilités, et à transmettre un rapport détaillé aux autorités judiciaires.
« Si des sanctions doivent être appliquées, elles le seront avec la rigueur nécessaire », a déclaré le président Faye sur la RTS, à son retour d’une conférence internationale sur le financement du développement tenue à Séville, en Espagne.
Il a insisté sur la nécessité d’une investigation impartiale et de sanctions exécutées avec détermination et équité.