Menu
L'Actualité au Sénégal

Relations entre personnes de même sexe : trois femmes écopent de 5 ans de prison à Kédougou


Rédigé le Jeudi 30 Juillet 2026 à 20:13 | Lu 43 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Le tribunal de grande instance de Kédougou a condamné trois femmes à cinq ans de prison ferme et 500 000 FCFA d'amende chacune pour « actes contre nature ». La défense a annoncé un appel.


Le tribunal de grande instance de Kédougou a condamné, ce jeudi 30 juillet 2026, trois femmes à cinq ans de prison ferme chacune, assortis d'une amende de 500 000 FCFA, après les avoir reconnues coupables d'« actes contre nature » dans une affaire liée à des relations entre personnes de même sexe.
 

Le jugement était particulièrement attendu, le délibéré ayant déjà été renvoyé à deux reprises. À l'annonce de la décision, une vive émotion a gagné la salle d'audience. Des proches des condamnées et plusieurs personnes présentes n'ont pu retenir leurs larmes, tandis que des scènes de compassion ont été observées.
 

L'affaire est née d'une enquête menée par la brigade de recherches de la gendarmerie de Kédougou. Selon les éléments présentés devant le tribunal, les investigations ont conduit à l'interpellation de deux ressortissantes nigérianes, identifiées sous les initiales E. V., surnommée « Happyness », gérante d'un bar, et A. C., ainsi que d'une Sénégalaise, S. B., originaire de Tambacounda.
 

Au cours des débats, le procureur de la République a expliqué que l'exploitation des téléphones portables des prévenues avait permis aux enquêteurs de découvrir des conversations, des photographies et des vidéos à caractère sexuel. Ces éléments ont été versés au dossier comme pièces à conviction.
 

À l'issue des plaidoiries, le ministère public avait requis l'application de la loi en vigueur. Le tribunal a suivi ces réquisitions en prononçant une peine de cinq ans d'emprisonnement ferme ainsi qu'une amende de 500 000 FCFA contre chacune des trois prévenues.
 

La défense a toutefois annoncé son intention de faire appel devant la cour d'appel de Tambacounda. Me Ndiaye estime que les enquêteurs auraient violé l'article 68 du Code de procédure pénale relatif aux perquisitions ainsi que l'article 13 de la Constitution, qui garantit l'inviolabilité du secret des correspondances et des communications téléphoniques et électroniques.
 

Cette décision intervient dans un contexte marqué par l'application de la nouvelle législation sénégalaise renforçant les sanctions prévues pour les faits qualifiés d'« actes contre nature ». Depuis son entrée en vigueur, plusieurs procédures judiciaires ont été engagées dans différentes régions du pays.



Lat Soukabé Fall

Nouveau commentaire :