Menu
L'Actualité au Sénégal

Meurtre à Sapco : 15 ans de réclusion criminelle pour M. Demba malgré un réquisitoire en faveur de l’acquittement


Rédigé le Mardi 24 Février 2026 à 10:29 | Lu 66 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès a tranché. Lundi 26 janvier 2026, au terme d’un procès intense et chargé d’émotion, M. Demba a été reconnu coupable du meurtre de son jeune frère, J. Demba. Il écope de 15 ans de réclusion criminelle.


Une décision qui surprend, d’autant plus que le parquet avait requis l’acquittement au bénéfice du doute.

Un drame aux circonstances troublantes
Les faits remontent à avril 2022, dans le quartier résidentiel de Sapco. Ce jour-là, J. Demba est retrouvé pendu à une fenêtre de la cour arrière de la maison familiale. Très vite, la thèse du suicide est évoquée.
Mais certains détails dérangent.
 
Selon les témoignages, les pieds de la victime touchaient le sol. Une position jugée incompatible avec une pendaison classique. Pour la famille, il ne pouvait s’agir que d’une mise en scène.
 
L’émotion gagne rapidement le quartier. Les soupçons se concentrent sur le frère aîné, seul présent dans la maison au moment du drame.
 
  À la barre, des dénégations constantes
Devant la cour, M. Demba est resté ferme : il nie toute implication.
 
Il affirme avoir dormi profondément au moment des faits et assure n’avoir rien entendu. Une version qu’il maintient malgré les questions insistantes des juges.
« Je n’ai rien fait à mon frère », répète-t-il.
Mais face à lui, les parents de la victime livrent des témoignages accablants.
 
Le père évoque même des rites traditionnels effectués en Casamance qui auraient désigné l’accusé comme responsable de la mort. Une déclaration forte, symbolique, mais juridiquement contestée.
 
La mère, elle, insiste sur les incohérences :
« Mon fils ne pouvait pas se pendre ainsi. La position du corps ne correspond pas à un suicide. »
 
  Un dossier fragile, un réquisitoire surprenant
L’autopsie confirme une mort par asphyxie mécanique consécutive à une pendaison.
 
Cependant, aucun élément scientifique irréfutable — ni empreintes déterminantes, ni témoin direct — ne vient établir formellement l’intervention de l’accusé.
 
Conscient de cette fragilité, le procureur de la République requiert l’acquittement, invoquant le principe fondamental du doute profitant à l’accusé.
Un moment fort du procès.
 
  La décision de la cour
Après délibéré, la chambre criminelle estime toutefois que les charges, bien que reposant principalement sur un faisceau de présomptions, sont suffisantes pour caractériser un homicide volontaire.
 
La juridiction entre en voie de condamnation et prononce 15 ans de réclusion criminelle.
Un verdict qui divise.


Lat Soukabé Fall

Nouveau commentaire :