Les faits remontent au début du mois de décembre dernier. Ce jour-là, F. Sakho, chargée de surveiller sa nièce, surprend sa voisine, C. Fall, en train de s’en prendre physiquement à l’enfant. Choquée, elle intervient immédiatement pour faire cesser ce qu’elle considère comme une agression injustifiée.
La discussion s’envenime rapidement. Les insultes fusent, les tensions montent, avant que la situation ne dégénère en violente bagarre entre les deux femmes.
Selon les déclarations faites à la barre, C. Fall se serait emparée d’un fil électrique pour frapper sa voisine. Mais le geste le plus choquant survient dans le feu de l’affrontement : la mise en cause mord violemment l’oreille droite de F. Sakho, lui arrachant une grande partie du pavillon.
Gravement blessée et en état de choc, la victime est évacuée d’urgence à l’hôpital de Mbour. Malheureusement, la partie sectionnée de l’oreille ne sera jamais retrouvée, rendant impossible toute tentative de chirurgie réparatrice.
Munie d’un certificat médical faisant état de 21 jours d’incapacité temporaire de travail (ITT), F. Sakho décide de porter plainte. Elle affirme avoir été sauvagement agressée et réclame justice pour les séquelles physiques et morales qu’elle subit désormais.
De son côté, C. Fall nie toute intention criminelle. Elle soutient que la morsure aurait été accidentelle, survenue au cours de la bagarre. Elle dépose à son tour une contre-plainte, accompagnée d’un certificat médical mentionnant 5 jours d’ITT, et réclame également des dommages et intérêts.
Face à la gravité des faits relatés, le juge n’a pas caché son émotion. Qualifiant les actes reprochés de « sauvages et barbares », il a rappelé la nécessité pour chacun de maîtriser ses pulsions, quelles que soient les circonstances.
Les deux parties réclament chacune 100 000 francs CFA à titre de dommages et intérêts. Le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré, avec un verdict attendu le 5 février 2026.
Au-delà du dossier judiciaire, cette affaire relance le débat sur la banalisation de la violence dans les conflits du quotidien. Une simple dispute de voisinage s’est transformée en drame humain, laissant une femme mutilée à vie et une communauté sous le choc.
Un fait divers de plus, certes, mais dont la brutalité laisse une empreinte durable et interpelle sur la gestion des tensions sociales au sein des quartiers.
