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Mbour : la chute d’un multirécidiviste piégé par son propre téléphone


Rédigé le Dimanche 25 Janvier 2026 à 10:41 | Lu 51 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


À Saly Niakh-Niakhal, un cambrioleur chevronné a vu son coup parfaitement exécuté tourner court à cause d’une erreur aussi banale que fatale. Devant le Tribunal d’instance de Mbour, le dossier de C. Ndiaye révèle un enchaînement de vols, de maladresses et de preuves accablantes.


Les faits remontent au début du mois de janvier 2026. C. Ndiaye, un homme d’une trentaine d’années, quitte Dakar en pleine nuit pour rallier la Petite-Côte. Vers 3 heures du matin, il se poste devant la maison de Y. Ndiaye, à Saly Niakh-Niakhal. Prenant soin d’ôter ses chaussures pour ne pas faire de bruit, il escalade le mur de clôture et s’introduit discrètement dans la cour par une ouverture proche d’une chambre.
 

Connaissant déjà les lieux pour s’y être rendu à plusieurs reprises, le cambrioleur agit avec méthode. Profitant du sommeil profond des occupants, il fouille les chambres et repart avec un butin conséquent : six iPhone, une tablette, un sac à dos contenant un disque dur et une importante somme d’argent.

 

Alors que tout semblait se dérouler sans accroc, la malchance frappe au moment de la fuite. En escaladant le mur pour sortir, C. Ndiaye laisse tomber son téléphone portable et sa casquette à l’intérieur de la maison. Pris de panique, il décide de revenir sur ses pas pour récupérer ses effets.

Mais cette fois, la maîtresse des lieux est réveillée par le bruit. Elle alerte immédiatement ses enfants. Le voleur parvient à s’enfuir une seconde fois, abandonnant derrière lui ses chaussures, son téléphone et sa casquette.
Des éléments déterminants pour la suite de l’enquête.

 

Le lendemain, Y. Ndiaye dépose plainte à la Brigade de recherches de Saly Portudal. L’exploitation du téléphone retrouvé sur place permet aux enquêteurs d’identifier rapidement le suspect. Plus accablant encore, les gendarmes découvrent dans l’appareil des échanges avec d’autres individus, évoquant de futurs vols programmés sur la Petite-Côte.

Interpellé, C. Ndiaye nie d’abord toute implication, affirmant n’avoir jamais mis les pieds à Saly cette nuit-là.

 

Confronté à ses propres effets personnels, qu’il réclame même aux gendarmes, l’accusé change de version à la barre.
Il soutient avoir été agressé à Saly Portudal et que ses assaillants auraient jeté ses affaires dans la maison de la victime pour le piéger. Une ligne de défense jugée peu crédible par le tribunal.

 

Coup de théâtre à l’audience : la propre sœur de l’accusé témoigne contre lui. Elle décrit son frère comme un multirécidiviste notoire, évoluant exclusivement dans la délinquance.

Visiblement émue, Y. Ndiaye revient longuement sur le traumatisme vécu et réclame 800 000 FCFA à titre de dommages et intérêts.

 

Dans ses réquisitions, le procureur de la République dresse le portrait d’un « voleur professionnel » et d’un « danger pour la société », sollicitant une peine de deux ans de prison ferme.

Après avoir entendu toutes les parties, le Tribunal d’instance de Mbour a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 5 février 2026, rapporte L’Observateur.



Lat Soukabé Fall

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