L’affaire a éclaté au marché Ndar, où les forces de sécurité ont été alertées après un signalement faisant état d’un vol commis à travers des transferts d’argent électronique. À leur arrivée, les enquêteurs ont dû exfiltrer le suspect, qui était alors menacé par une foule en colère.
Selon les éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, le mis en cause se présentait dans les boutiques avec un gilet ressemblant à celui des agents Orange Money. Il proposait aux commerçants de les aider à installer l’application Max it ou à effectuer le déplafonnement de leurs comptes.
C’est ainsi qu’il aurait piégé sa dernière victime, un commerçant du marché Ndar. Après avoir obtenu son téléphone sous prétexte d’effectuer une manipulation technique, le suspect aurait discrètement transféré 264 000 FCFA depuis son compte Wave.
Un mode opératoire bien rodé
Lors de son interrogatoire, le suspect aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés et expliqué aux enquêteurs son mode opératoire.
Il ciblait notamment des utilisateurs de services de transfert d’argent et profitait de la confiance accordée à sa fausse qualité d’agent commercial pour obtenir leurs téléphones. Il enregistrait également certaines informations personnelles, notamment les pièces d’identité et les codes secrets communiqués par les victimes dans le cadre de la prétendue opération de configuration.
Les enquêteurs soupçonnent qu’il profitait du fait que certains utilisateurs utilisent le même code secret sur plusieurs plateformes financières. Une fois le téléphone entre ses mains, il pouvait ainsi accéder à d’autres services de transfert d’argent et effectuer des retraits ou transferts frauduleux.
Avant de restituer le téléphone, il aurait également modifié le code d’accès afin de compliquer l’accès de la victime à son compte.
Plus de 36,9 millions FCFA retracés
Les investigations techniques menées avec le concours de Sonatel et de Wave ont permis aux enquêteurs de mesurer l’ampleur présumée de l’activité frauduleuse.
Entre le 10 mai et le 10 août 2026, les enquêteurs ont retracé plus de 36,9 millions de FCFA sur le compte Orange Money attribué au suspect.
L’homme était par ailleurs déjà visé par plusieurs plaintes, dont une déposée par la direction du contentieux de Sonatel pour des faits présumés d’usurpation de fonction.
Déféré devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Saint-Louis, il devra répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment retrait frauduleux de fonds, escroquerie, usurpation de fonction et blanchiment de capitaux.
L’affaire rappelle une nouvelle fois les risques liés à la divulgation de codes secrets et à la remise de téléphones contenant des applications financières à des personnes dont l’identité et la qualité professionnelle ne sont pas vérifiées.
