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Thiès : Ibrahima Sy lance l’offensive pour l’hygiène hospitalière


Rédigé le Lundi 10 Août 2026 à 10:48 | Lu 76 fois Rédigé par


Le Centre hospitalier régional El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène de Thiès a servi de cadre, samedi, au lancement d’une nouvelle dynamique de nettoiement des structures sanitaires. Autour du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, M le Gouverneur de Thiès Saër NDAO, La Directrice de L'hôpital Mme Mariama Cissokho, les autorités administratives, responsables du système de santé, le Personnel de l’hôpital et partenaires sociaux ont affiché une volonté commune : faire de la propreté un élément permanent de la qualité des soins. Mais la cérémonie a également permis aux représentants des travailleurs de poser, sans détour, la question du renforcement du plateau technique de l’établissement.



Thiès : Ibrahima Sy lance l’offensive pour l’hygiène hospitalière, les syndicats réclament aussi un plateau technique renforcé

À Thiès, le message est désormais clairement posé : l’hygiène hospitalière ne devra plus être considérée comme une opération circonstancielle, organisée à l’occasion d’une journée spéciale. Elle doit devenir une exigence quotidienne et s’inscrire dans une démarche régulière, organisée et évaluée.

C’est tout le sens de la mobilisation organisée au Centre hospitalier régional El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène de Thiès, en présence du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, du gouverneur de la région de Thiès, de responsables du ministère, de la direction de l’établissement, des chefs de service, du personnel et des partenaires sociaux.

L’hôpital, lieu de soins mais aussi enjeu majeur de prévention

En plaçant la question de l’hygiène au cœur de cette initiative, les différents intervenants ont rappelé une évidence parfois reléguée au second plan : un établissement de santé ne peut assurer pleinement sa mission que dans un environnement propre, sain et sécurisé.

L’eau, l’environnement, l’alimentation, l’assainissement, la démographie et les conditions d’hygiène ont notamment été évoqués comme autant de déterminants pouvant agir directement ou indirectement sur la santé des populations.

Dans un hôpital, cette exigence prend une dimension encore plus importante en raison de la présence simultanée de malades fragilisés, d’accompagnants, de professionnels de santé, de déchets biomédicaux et de différents vecteurs susceptibles de favoriser la propagation d’agents pathogènes.

« L’hôpital doit être le lieu par excellence de la propreté, parce que tout manque de propreté peut amener des problèmes de santé supplémentaires aux malades. »

La directrice du Centre hospitalier régional, Mariama Cissokho, a ainsi insisté sur la nécessité de maintenir cette exigence au quotidien, au-delà de la seule journée de lancement.

Une mobilisation appelée à devenir mensuelle

L’ambition exprimée au cours de la cérémonie est de parvenir à installer une véritable culture de la propreté dans les structures sanitaires. La démarche doit associer notamment le Service national d’hygiène, les services déconcentrés, les acteurs chargés de la gestion des déchets, les administrations hospitalières, le personnel de santé ainsi que les partenaires sociaux.

L’idée d’organiser régulièrement des journées de propreté a ainsi été avancée, avec des mécanismes permettant de mesurer les efforts accomplis et de valoriser les établissements ainsi que les personnels les plus engagés.

Il a même été question de faire émerger de véritables « champions de l’hygiène » et « champions de la propreté », afin de créer une émulation entre établissements sanitaires et de transformer les bonnes pratiques en réflexes durables.

Les partenaires sociaux saluent une amélioration de la gestion

Au-delà de la question de l’hygiène, la cérémonie a surtout offert une tribune aux partenaires sociaux de l’hôpital régional. Leur discours a été marqué par une tonalité sensiblement différente de certaines périodes de fortes tensions qu’a connues l’établissement.

Un responsable syndical a ainsi insisté sur l’évolution des rapports entre la direction et les travailleurs.

« Aujourd’hui, quand on parle des affaires de l’hôpital régional de Thiès, nous sommes en parfaite collaboration avec la direction. »

Le coordinateur de l’intersyndicale, Bamgo Ndiaye, a également été cité parmi les représentants des travailleurs intervenus au cours de la rencontre.

La directrice Mariama Cissokho a reçu plusieurs marques de reconnaissance pour le travail engagé avec les partenaires sociaux. Son expérience antérieure au sein de l’établissement, notamment dans l’administration financière, a également été rappelée.

« Presque deux milliards » hier, « près de sept milliards » aujourd’hui, selon un syndicaliste

L’une des déclarations les plus significatives de la cérémonie a porté sur l’évolution des moyens financiers de l’établissement. Selon un représentant des partenaires sociaux, l’hôpital aurait connu une progression importante de son budget au cours des dernières années.

« On avait presque un budget de deux milliards. Aujourd’hui, nous avons pratiquement un budget de sept milliards. »

Le responsable syndical a relié cette évolution aux opérations de réhabilitation engagées dans l’établissement, aux recrutements, à l’augmentation des effectifs et aux efforts consentis pour améliorer les conditions de travail ainsi que l’offre de soins.

Ces chiffres ayant été avancés dans une intervention syndicale lors de la cérémonie, ils constituent à ce stade une déclaration de l’intervenant sur l’évolution financière de l’établissement.

Scanner, échographie, cardiologie : les besoins du plateau technique remis sur la table

Les partenaires sociaux n’ont cependant pas transformé la cérémonie en satisfecit général. Après avoir salué les avancées observées, ils ont rappelé que le Centre hospitalier régional de Thiès reste confronté à d’importants besoins en équipements.

Pour les travailleurs, cette question est d’autant plus stratégique que Thiès occupe une position particulière dans la carte sanitaire du pays. Située à proximité de Dakar et au carrefour de plusieurs grands axes routiers, la capitale du Rail reçoit des patients venant de différents départements et régions.

Les urgences, la neurochirurgie et la prise en charge de pathologies lourdes ont notamment été évoquées pour illustrer la pression exercée sur l’établissement.

Les partenaires sociaux plaident ainsi pour une montée en puissance du plateau technique et pour la poursuite des investissements susceptibles de faire évoluer davantage le niveau de prise en charge du Centre hospitalier régional.

L’indemnité de logement des contractuels également évoquée

Le volet social n’a pas été oublié. Les échanges engagés avec le gouvernement autour de l’indemnité de logement des agents contractuels ont été évoqués devant le ministre de la Santé.

Un représentant syndical a notamment fait référence aux discussions menées à Dakar avec le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté. Il s’est montré particulièrement optimiste quant à l’évolution de ce dossier, tout en remerciant le ministre de la Santé pour son implication dans le dialogue avec les organisations de travailleurs.

Ibrahima Sy entouré des responsables du système sanitaire

La forte présence des responsables de l’administration sanitaire a également été relevée au cours de la cérémonie. Aux côtés du ministre Dr Ibrahima Sy figuraient notamment le Dr Maguette Ndiaye, directeur de cabinet du ministre, le Dr Fallou Niang, directeur général des Établissements de santé, le Dr Malick Diallo, directeur des Ressources humaines, ainsi que Leroux Dramé, secrétaire général du ministère.

Pour les partenaires sociaux, cette mobilisation de la tutelle constitue un signal de l’importance accordée au Centre hospitalier régional de Thiès et aux problématiques auxquelles il reste confronté.

Faire de Thiès une référence nationale

Au terme des différentes interventions, une ambition commune s’est dégagée : faire du Centre hospitalier régional El Hadji Ahmadou Sakhir Ndiéguène une référence, aussi bien en matière d’hygiène que de qualité de la prise en charge.

La réussite de cette ambition dépendra cependant de plusieurs leviers : la régularité des opérations de nettoiement, l’implication du personnel et des usagers, la gestion des déchets biomédicaux, le renforcement du plateau technique, l’amélioration des conditions de travail et la consolidation du dialogue avec les partenaires sociaux.

La journée de Thiès apparaît ainsi moins comme une simple opération de nettoiement que comme le point de départ d’une démarche appelée à être reproduite dans d’autres structures sanitaires.

Pour le personnel comme pour les autorités, l’objectif reste le même : que le malade qui franchit les portes d’un hôpital y trouve non seulement les compétences médicales nécessaires, mais également un environnement suffisamment sain et sécurisé pour que le lieu de guérison ne devienne jamais une source supplémentaire de risque.

Par Oumar Seye (Seyelatyr) | Thiesinfo

Rédaction Thiesinfo
Thiesinfo.com




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