Selon un élu local cité par l’AFP, trois soldats maliens et quatre assaillants ont été tués lors de l’attaque. Deux corps de civils ont également été retrouvés vendredi sur le trajet reliant Kayes à la frontière sénégalaise. Plusieurs militaires qui escortaient le convoi sont toujours portés disparus, rapporte le correspondant régional de RFI, Serge Daniel.
Un responsable de l’Office malien des produits pétroliers a assuré que l’attaque « n’impacte pas la distribution ni la disponibilité » en carburant, mais elle constitue un nouveau coup dur pour le régime malien. Survenue à moins de trois semaines du début du Ramadan, elle intervient quelques jours seulement après l’annonce par les autorités de la mise en place d’un système de rationnement du carburant. La mesure prévoit de limiter le nombre de passages dans les stations-service : un passage tous les trois jours pour les voitures et tous les deux jours pour les motos. L’objectif est de « limiter les achats excessifs et lutter contre les circuits de vente illicites », selon le gouvernement de transition.
La région de Kayes, riche en ressources minières et située sur un axe commercial crucial vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire, est au cœur des stratégies du Jnim depuis plusieurs mois. Depuis plus de quatre mois, le groupe jihadiste a instauré un blocus économique dans le sud et l’ouest du Mali, visant à perturber les livraisons de carburant vers Bamako et d’autres villes.
Après un blocus initial total qui avait contraint les autorités à fermer écoles et universités pendant deux semaines, le recours à des escortes militaires composées de soldats maliens et russes avait permis de sécuriser les convois et d’améliorer l’approvisionnement. Mais depuis début janvier, les attaques se multiplient à nouveau, menaçant la stabilité économique et la sécurité dans la région.
Cette nouvelle offensive illustre la résilience du Jnim et son impact sur les infrastructures vitales du Mali, alors que la population locale fait face à des difficultés croissantes pour se procurer du carburant et accéder aux services essentiels.
