Confortables, modernes et rapides, les minibus Toyota Hiace, communément appelés “Cheikhou Chérifou”, attirent un nombre croissant de passagers. Toutefois, cette popularité grandissante s’accompagne de nombreuses inquiétudes liées à leur utilisation sur les routes sénégalaises, notamment dans les régions.
Un surnom chargé d’histoire
À la gare des Baux Maraîchers de Pikine, l’appellation “Cheikhou Chérifou” est bien connue des chauffeurs comme des usagers. D’après plusieurs anciens professionnels du transport, ce surnom remonte à 1998. Il ferait référence à un enfant appelé Cheikhou Chérif, considéré à l’époque comme un miraculé et dont l’histoire avait marqué les esprits. Avec le temps, ce nom a été attribué à ces Toyota Hiace de dernière génération, aujourd’hui associées à la performance et à la rapidité.
Les préoccupations des conducteurs expérimentés
Si les passagers apprécient ces véhicules pour leur climatisation, leur confort et leur gain de temps, des chauffeurs chevronnés expriment leurs craintes. Pape Ndao, conducteur depuis plus de vingt ans, estime que ces minibus incitent certains jeunes chauffeurs à adopter une conduite excessive. Selon lui, la puissance de ces véhicules peut encourager des comportements imprudents.
La recherche de clients, le non-respect de certaines règles et parfois l’insuffisance de formation transforment ces avantages techniques en sources de risques.
Une réglementation pointée du doigt
Du côté des courtiers, appelés localement “cokseurs”, et des garagistes, une autre explication est avancée. Ils évoquent l’arrêté interdisant la circulation des véhicules de transport entre minuit et 6 heures du matin. Cette contrainte pousserait certains conducteurs à augmenter leur allure afin de terminer leurs trajets avant l’heure limite. Une situation jugée dangereuse, qui mérite selon eux d’être réexaminée.
Entre engouement populaire et situations dramatiques, le phénomène des “Cheikhou Chérifou” place les autorités devant un choix délicat. Faut-il limiter leur usage ou plutôt renforcer l’encadrement par une meilleure formation des chauffeurs, des contrôles techniques plus stricts et une réglementation mieux adaptée ?
Une certitude demeure : tant que ces véhicules resteront omniprésents dans les gares et sur les axes routiers du pays, les comportements à risque liés à leur conduite continueront de susciter de vives préoccupations.
