Selon les premières tendances, aucun siège ne serait attribué aux partis d’opposition, notamment Les Démocrates, principale force opposée au pouvoir, ni aux Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considérées comme une opposition modérée. Les 109 sièges de la prochaine législature seraient ainsi exclusivement occupés par les deux partis de la mouvance présidentielle : le Bloc républicain (BR) et l’Union progressiste le renouveau (UP-R).
Cette configuration rappelle fortement celle de 2019, année au cours de laquelle le Parlement béninois était déjà composé uniquement de députés proches du président Patrice Talon, une situation qui avait suscité de nombreuses critiques à l’époque.
L’opposition dénonce une Assemblée « sous ordres »
En attendant la proclamation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle, prévue ce lundi à la mi-journée, certains responsables politiques n’ont pas tardé à réagir. Nadine Okoumassou, candidate du parti Les Démocrates, a dénoncé sur un média local le risque d’un Parlement dépourvu de pluralisme.
« Un Parlement monocolore, des hommes sous ordres. Comment un législateur peut-il contrôler l’action d’un gouvernement auquel il appartient ? L’Assemblée nationale ne saurait être une simple caisse de résonance », a-t-elle déclaré.
Des citoyens partagés à Cotonou
Dans les rues de Cotonou, les réactions sont contrastées. Si certains estiment que les règles électorales étaient les mêmes pour tous les partis et qu’il faut accepter les résultats provisoires, d’autres expriment leur inquiétude face à l’absence d’une opposition parlementaire.
« BR et UP-R, c’est la même famille politique. S’ils prennent de mauvaises décisions, qui va les corriger ? », s’interroge un citoyen. Un autre redoute un vote systématique des lois sans débat : « Des lois votées à 100 %, ce n’est pas bon pour une démocratie ».
De fortes attentes pour la prochaine législature
Malgré les divergences, une aspiration commune se dégage : voir la future Assemblée nationale jouer pleinement son rôle. Plusieurs citoyens appellent les députés à défendre les intérêts du peuple et à exercer un véritable contrôle sur l’action gouvernementale.
La Cour constitutionnelle doit lever les dernières incertitudes ce lundi avec la proclamation des résultats définitifs, attendue à la mi-journée, dans un climat politique particulièrement scruté au Bénin et au-delà.
