Menu
L'Actualité au Sénégal

Groupes WhatsApp, chantage et rencontres tarifées : l’affaire Ouzin Keita prend une dimension explosive


Rédigé le Mardi 10 Mars 2026 à 12:35 | Lu 48 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


L’affaire de mœurs impliquant l’artiste sénégalais Ousseynou Keita, plus connu sous le nom d’Ouzin Keita, prend une tournure de plus en plus complexe. Au fil des auditions menées par la Division des investigations criminelles (DIC), les enquêteurs découvrent les contours d’un dossier qui pourrait dépasser largement le cadre d’une simple affaire de mœurs. Selon plusieurs révélations de presse, l’enquête évoque désormais un système structuré mêlant rencontres sexuelles, chantage et extorsion de fonds.


À ce stade de la procédure, quinze personnes ont été déférées au parquet après leur interpellation par la DIC. Elles font face à plusieurs chefs d’accusation particulièrement graves : association de malfaiteurs, actes contre nature, proxénétisme, transmission volontaire du VIH/Sida, escroquerie et chantage à caractère sexuel.

 

L’enquête s’est accélérée après plusieurs signalements faisant état de rencontres sexuelles organisées et parfois filmées à l’insu des participants, dans le but de les utiliser comme moyen de pression ou d’extorsion.

 

Au cœur de cette affaire se trouverait Mamadou Lamine Seidy Ba, un jeune Gambien de 24 ans connu sous le surnom de « Nazir ». L’exploitation de son téléphone portable aurait permis aux enquêteurs de découvrir deux groupes WhatsApp très actifs, baptisés « Nekh Nekh » et « No Limit ».
 

Ces groupes rassembleraient près de 500 membres, selon les premières analyses. Les discussions et échanges retrouvés sur ces plateformes laisseraient penser que ces espaces servaient à organiser des rencontres sexuelles tarifées, des appels érotiques et des rendez-vous privés.
 

Mais les enquêteurs soupçonnent également un système plus inquiétant. Certaines personnes auraient été attirées dans des appartements, filmées lors de rapports sexuels à leur insu, puis victimes de chantage sous la menace de diffusion de leurs vidéos intimes sur internet ou sur les réseaux sociaux.

 

L’affaire a véritablement éclaté lorsque les policiers de la DIC ont mené une opération nocturne dans un appartement situé à Ouest-Foire.
 

Sur place, quatorze personnes ont été surprises en pleine nuit, certaines vêtues uniquement de sous-vêtements et se trouvant dans des positions jugées compromettantes, selon les premiers éléments de l’enquête.
 

La fouille de l’appartement aurait permis la saisie de lubrifiants, de baumes appelés “lèvres roses” et d’autres accessoires, laissant penser que le lieu servait régulièrement à organiser des rencontres sexuelles collectives.
 

Les investigations ont également établi qu’une rencontre similaire aurait eu lieu quelques jours plus tôt dans un appartement meublé à Ngor, ce qui renforce l’hypothèse d’un réseau organisé.

 

Dans le cadre de l’élargissement de l’enquête, les policiers ont aussi interpellé à Ouakam un jeune homme de 19 ans, El Hadji Malick Paye, surnommé « Ass ».
 

Lors de son audition, il aurait reconnu entretenir une relation avec Alioune Babara Thiam, lui aussi âgé de 19 ans. Le jeune homme aurait également déclaré aux enquêteurs que Ouzin Keita aurait tenté à plusieurs reprises de le séduire, une affirmation qui reste toutefois à vérifier dans le cadre de la procédure judiciaire.

 

Face aux enquêteurs de la DIC, plusieurs suspects auraient reconnu leur orientation sexuelle, selon les informations rapportées par la presse.
 

Pour sa part, Ouzin Keita a tenté de minimiser son implication dans les faits. L’artiste a expliqué qu’il se trouvait dans l’appartement de Ouest-Foire uniquement pour une invitation à un “ndogou”, le repas de rupture du jeûne pendant le Ramadan.
 

Mais lors de son audition, il aurait également livré un témoignage personnel bouleversant. Il a affirmé avoir été victime d’un viol collectif à l’âge de 11 ans, dans le quartier de Cité Fadia.
 

L’artiste a aussi déclaré que son dernier rapport sexuel avec un homme remonterait à deux ans, tentant ainsi de contester certaines accusations portées contre lui.

 

Autre élément troublant apparu dans l’enquête : le nom du chroniqueur et animateur Pape Cheikh Diallo, déjà incarcéré dans une affaire distincte de mœurs.
 

Selon les enquêteurs, un suspect identifié sous le nom de Mamadou Faye, dont la véritable identité serait Pape Samba Faye, a expliqué avoir effectué un dépistage médical après l’arrestation de Pape Cheikh Diallo, preuve de l’inquiétude provoquée par ces différentes affaires dans certains cercles.

 

Pour les enquêteurs, cette affaire est loin d’avoir livré tous ses secrets. La présence de centaines de membres dans les groupes WhatsApp laisse penser que le réseau pourrait être beaucoup plus vaste que ce qui a été découvert jusqu’ici.
 

Les autorités envisagent désormais une délégation judiciaire afin d’approfondir les investigations, identifier d’éventuelles victimes de chantage, mais aussi déterminer les véritables responsabilités de chaque personne impliquée.
 

Dans un contexte social particulièrement sensible au Sénégal sur les questions de mœurs, cette affaire pourrait continuer à provoquer de fortes réactions dans l’opinion publique et connaître de nouveaux rebondissements judiciaires dans les semaines à venir.



Lat Soukabé Fall

Nouveau commentaire :