Selon les éléments du dossier, la jeune R. Ndiaye avait été confiée à la mère du prévenu. Les deux parties vivaient ainsi sous le même toit. L’affaire a été révélée le jour où l’adolescente a pris la fuite en apercevant S. Badiane s’approcher d’elle.
Interrogée par son frère sur cette réaction de peur, elle a fini par expliquer que le chauffeur aurait entretenu des relations intimes avec elle. Informé de la situation, le père de la mineure l’a conduite au poste de santé pour un examen médical.
Le certificat établi à l’issue de la consultation a indiqué que la jeune fille avait déjà eu des relations sexuelles. Une plainte a ensuite été déposée, conduisant à l’interpellation du mis en cause.
À la barre, S. Badiane a rejeté catégoriquement les accusations portées contre lui. Il a soutenu que ces déclarations étaient fausses et que la mineure aurait été influencée pour tenir de tels propos.
De son côté, la partie civile a maintenu ses déclarations. Elle a expliqué que le prévenu l’aurait conduite à plusieurs reprises dans un bâtiment inachevé et aurait entretenu des relations avec elle. Selon son récit, un autre acte se serait produit dans la chambre du prévenu en l’absence de son épouse.
La jeune fille a également indiqué qu’elle n’osait pas en parler auparavant par crainte de représailles.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a souligné que le prévenu conteste les faits depuis le début de la procédure, tandis que la partie civile est restée constante dans ses déclarations.
Toutefois, le magistrat a estimé que le dossier repose essentiellement sur des déclarations, sans éléments matériels irréfutables ni témoins directs. Considérant qu’un doute subsiste, le parquet a requis l’acquittement du prévenu au bénéfice du doute.
La défense, assurée par Me Ayi et Me Faty, a salué la position du ministère public, estimant que le procureur a fait preuve de rigueur dans l’analyse du dossier en demandant l’élargissement de leur client.
L’affaire a été mise en délibéré et le jugement sera rendu le 14 avril 2026.
