L’Association nationale des professionnels du forage (ANPF) a exprimé, samedi, sa préoccupation face à l’absence d’un cadre formel structurant l’ensemble des acteurs du secteur, confronté à de nombreuses difficultés. Cette alerte a été lancée lors de son assemblée générale tenue à l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT).
À l’issue d’un diagnostic partagé, l’ANPF a identifié plusieurs obstacles majeurs affectant le domaine du forage. Il s’agit notamment de contraintes institutionnelles, d’un manque de formation des acteurs, de pratiques de concurrence jugées déloyales, ainsi que de risques environnementaux liés à la pollution de la nappe phréatique.
Selon le secrétaire général de l’association, Pape Sanou Faye, également enseignant-chercheur à l’UIDT, la principale difficulté reste d’ordre institutionnel. Il a rappelé qu’à l’origine, les travaux de forage étaient majoritairement réalisés par des opérateurs étrangers, avant que les compétences nationales ne se développent progressivement.
Aujourd’hui, a-t-il souligné, les professionnels sénégalais disposent des capacités techniques nécessaires pour mener ces activités. Toutefois, l’absence d’un cadre officiel de concertation empêche les acteurs du secteur de se regrouper, d’échanger et de défendre des intérêts communs autour des enjeux essentiels du métier.
Le responsable de l’ANPF a également mis en avant le déficit de formation qui touche une grande partie des intervenants du secteur. Selon lui, la majorité des foreurs ont acquis leurs compétences de manière informelle, directement sur le terrain, en l’absence de filières de formation dédiées.
Dans cette perspective, l’association ambitionne de contribuer à la mise en place d’un cadre structuré de formation, afin de renforcer les compétences techniques et professionnelles des acteurs et d’améliorer la qualité des interventions.
Un autre défi majeur évoqué concerne la concurrence déloyale. Pape Sanou Faye a dénoncé la présence d’entreprises non sénégalaises opérant dans le forage sans respecter les règles en vigueur, notamment celles liées à la réglementation des entreprises et au paiement des taxes prévues par la législation.
Selon lui, le non-respect de ces obligations permet à ces structures de proposer des tarifs très bas, rendant la concurrence difficile, voire impossible, pour les entreprises locales en règle, qui s’acquittent normalement de leurs charges fiscales.
Il a insisté sur le fait que cette situation fragilise les acteurs respectueux des normes, confrontés à des prix cassés qu’ils ne peuvent aligner sans mettre en péril leur activité.
Enfin, le secrétaire général de l’ANPF a attiré l’attention sur les conséquences d’une mauvaise exécution des travaux de forage. Il a expliqué que certaines pratiques peuvent entraîner une contamination de la nappe phréatique, représentant un risque sérieux pour les ressources en eau.
À ce titre, il a appelé les professionnels du secteur à mieux s’organiser et à adopter des pratiques responsables, rappelant que l’eau constitue une ressource vitale qui doit être protégée contre toute forme de négligence ou de dérive.