Depuis le mois de décembre, les autorités américaines mènent ce qu’elles présentent comme la plus vaste opération d’arrestations de migrants jamais organisée, provoquant une vive inquiétude au sein des communautés locales.
Au cœur du centre-ville, le cortège s’est étiré entre les immeubles, rythmé par des slogans hostiles à Donald Trump et à l’ICE. Pancartes levées, sifflets à la main, certains manifestants se sont organisés pour alerter la population en cas de présence d’agents fédéraux.
« Ils sont ici parce que le gouvernement Trump déteste tout ce que représente le Minnesota », dénonce Lisa, une manifestante. « Ils s’attaquent à ce qui est juste et humain. »
Pour de nombreux participants, la situation actuelle rappelle des heures sombres de l’histoire. Tom Hein n’hésite pas à établir un parallèle inquiétant :
« On se dirige vers l’Allemagne nazie des années 1930. Si vous n’êtes pas blanc, vous devez montrer vos papiers. Des enfants sont arrêtés, des gens enfermés dans des cages, souvent en dehors de toute procédure légale. »
Dans l’atmosphère tendue, certains ont choisi de manifester de manière pacifique et symbolique. Des groupes dansaient en cercle tandis que Crist, citoyen américain d’origine mexicaine, brandissait le drapeau de son pays natal pour remercier les manifestants venus en soutien aux migrants.
La mobilisation est aussi marquée par l’émotion suscitée par la mort de Renee Good, tuée le 7 janvier lors d’une intervention impliquant un agent de l’ICE.
« Nous n’allons pas l’abandonner. Nous nous battrons pour elle jusqu’à ce que ces pratiques cessent », affirme Crist, la voix tremblante. « Qu’il fasse froid ou chaud, nous resterons unis. »
Depuis cet événement, des dizaines de rassemblements ont été organisés à travers le pays pour dénoncer les méthodes de l’agence fédérale.
Parmi les manifestants, des professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Ethan Wolk, infirmier de 28 ans, accuse l’ICE de violations répétées de la loi :
« Ils pratiquent la discrimination au faciès, des fouilles et saisies illégales. Ils entrent même dans des hôpitaux. On nous a dit de ne pas les bloquer physiquement, même lorsqu’ils enfreignent la loi. Ils n’ont pas le droit d’accéder aux espaces privés des patients, mais ils s’en moquent totalement. »
Les organisateurs de la manifestation ont lancé un appel inédit : inviter les commerces à fermer leurs portes pour un « blackout économique », afin de faire pression sur les autorités fédérales et soutenir le mouvement d’opposition à la politique migratoire actuelle.
À Minneapolis comme ailleurs, la contestation semble loin de s’essouffler, dans un pays profondément divisé sur la question de l’immigration et des droits civiques.

