Menu
Le Portail de Thiès sur le Web
L'Actualité au Sénégal

Émigration clandestine : 37 millions au cœur d’un procès à Mbour


Rédigé le Lundi 5 Janvier 2026 à 12:04 | Lu 91 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


À Mbour, l’espoir d’un avenir meilleur en Europe s’est transformé en une affaire judiciaire retentissante. Le tribunal de grande instance s’apprête à rendre, ce mardi 6 janvier, un verdict très attendu dans un dossier d’abus de confiance impliquant un commerçant du marché central, accusé d’avoir escroqué une vingtaine de candidats à l’émigration clandestine.


Le mis en cause, A. Sèye, connu dans le milieu commercial de la ville, aurait convaincu plus d’une vingtaine de candidats à l’émigration clandestine de lui remettre leurs économies. Il leur promettait un voyage par la mer vers l’Italie, assorti de contrats de travail déjà négociés à l’arrivée.

Chaque postulant devait verser 1,5 million de FCFA, pour un départ annoncé au 3 août 2024. Pour lever les doutes, le commerçant se présentait comme l’organisateur principal du voyage, allant jusqu’à prétendre qu’il serait lui-même à la barre de l’embarcation.

 

Une fois les paiements effectués, plus aucune nouvelle. Le présumé escroc devient injoignable, laissant derrière lui des familles désemparées. Durant des mois, les victimes tentent de le retrouver, échangeant informations et rumeurs dans un groupe WhatsApp créé pour coordonner leurs recherches.

Le hasard finit par briser le silence. En novembre 2025, deux des plaignants, S. Sène et N. Sène, reconnaissent A. Sèye dans les rues de Mbour. La police est aussitôt saisie, et une plainte est déposée au commissariat central.

Interpellé puis placé en détention, A. Sèye comparaît devant le tribunal. À l’audience, il admet avoir reçu les 37 millions de FCFA, tout en affirmant qu’une partie de la somme aurait été envoyée à un complice vivant en Italie, Ch. Ciss, présenté comme un maillon clé du projet.

Face aux victimes venues témoigner, le prévenu assure vouloir rembourser intégralement les montants perçus, tentant d’atténuer sa responsabilité pénale.

 

Les plaignants réclament plus qu’un simple remboursement. S. Sène, qui affirme avoir versé 7,5 millions de FCFA, exige 10 millions de FCFA de dommages et intérêts. N. Sène, pour sa part, dit avoir déboursé 3 millions de FCFA et réclame une indemnisation équivalente.

Le parquet a requis une application stricte de la loi. À l’issue des débats, la présidente du tribunal a requalifié les faits en abus de confiance et mis le dossier en délibéré.

 

La décision judiciaire attendue ce mardi pourrait marquer un tournant pour les victimes, partagées entre l’espoir d’une condamnation exemplaire et l’incertitude d’un remboursement effectif. Une affaire qui illustre, une fois encore, la vulnérabilité de nombreux jeunes face aux mirages de l’émigration clandestine.



Lat Soukabé Fall

Nouveau commentaire :