Le couple Sanogo, mari et femme, résidant au Canada, avait pour habitude de passer ses vacances entre le Sénégal et le Mali. Ces séjours étaient motivés par une raison particulière : la santé fragile de l’époux, victime depuis plusieurs mois d’une maladie mystérieuse affectant gravement son état général.
Depuis novembre 2025, le couple multipliait les consultations chez divers tradipraticiens, espérant trouver un remède efficace à cette affection énigmatique. Mais malgré ces efforts et ces voyages entre Dakar et Bamako, aucun traitement ne semblait porter ses fruits. Cette quête désespérée de guérison allait malheureusement précipiter un drame inexorable.
Dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 janvier 2026, le couple décida de profiter d’une promenade nocturne dans le quartier « route de Thiès » à Diamniadio. C’est au cours de cette sortie, dans les rues désertes et silencieuses à cette heure tardive, que le destin prit un tournant tragique.
Selon des sources proches de l’enquête, B. Sanogo aurait été pris d’une crise soudaine, un accès de panique ou de délire lié à sa maladie. Sa femme, inquiète, tenta de le relever du sol où il s’était effondré, cherchant à lui venir en aide. C’est alors que le drame s’est produit : l’époux aurait brutalement agrippé sa femme par la gorge, l’étranglant avant de lui trancher la gorge avec un objet métallique. Le geste, rapide et froid, mit fin à la vie de celle qui n’avait d’autre intention que de sauver son mari.
Pris de panique après l’acte, B. Sanogo tenta de masquer son crime. Il traîna le corps jusqu’à un recoin sombre de la rue et s’enfuit, laissant derrière lui l’horreur. Cherchant à se couvrir, il inventa rapidement une version des faits invraisemblable : selon lui, sa femme aurait été enlevée par un taxi alors qu’ils rentraient chez eux.
Cette histoire rocambolesque suscita immédiatement des doutes chez le tuteur du couple, qui l’hébergeait temporairement. Il conseilla au suspect de se rendre à la Brigade de gendarmerie de Diamniadio pour signaler officiellement la disparition de sa femme. Mais la justice se rapprochait à grands pas.
En parallèle, un passant avait déjà alerté les forces de l’ordre après avoir découvert un corps sans vie dans le quartier. Sur place, les gendarmes constatèrent rapidement des traces évidentes de violence : étranglement et gorge tranchée. Les éléments du crime correspondaient à la disparition signalée par B. Sanogo.
Lorsque ce dernier se présenta à la brigade pour sa déclaration, les gendarmes eurent tôt fait de mettre en évidence les incohérences de son récit. Confronté aux preuves matérielles et au témoignage de l’individu ayant découvert le corps, B. Sanogo n’eut d’autre choix que d’avouer son geste.
Le corps de la victime a été transporté à l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque pour les besoins de l’autopsie. Le Procureur Cheikh Diakhoumpa, chef du parquet de Rufisque, a été informé et suit de près l’évolution de cette affaire.
Cette tragédie soulève de nombreuses interrogations sur les répercussions psychologiques et émotionnelles des maladies chroniques, ainsi que sur la fragilité des liens conjugaux confrontés à la détresse et au désespoir. Pour la communauté malienne résidente au Canada et leurs proches au Sénégal, le choc reste immense.
Le drame de Diamniadio rappelle douloureusement que parfois, derrière les voyages de guérison et les espoirs de santé, se cachent des réalités humaines complexes et tragiques, où la détresse peut conduire à l’irréparable.
