Selon des informations concordantes, le nommé C.T. Cissé, commerçant de 36 ans, s’est présenté au commissariat pour dénoncer une escroquerie présumée. Il accuse un mécanicien, N. Diop, de lui avoir soutiré une somme de trois millions de francs CFA.
Saisie du dossier, l’autorité judiciaire, sous la conduite du procureur Saliou Dicko, ordonne l’interpellation du suspect. Les éléments de la brigade de recherches sont alors déployés, accompagnés du plaignant, qui indique l’emplacement du mis en cause, aperçu à la place publique de La Rochette.
Sur le terrain, l’interpellation de N. Diop se déroule sans résistance. Le suspect est rapidement neutralisé par les forces de l’ordre.
Mais contre toute attente, la situation dégénère brusquement.
Dans un geste impulsif, le plaignant sort une arme blanche et se précipite sur le suspect. Dans la confusion, le coup de couteau atteint un policier en service, identifié par les initiales M.D., au niveau de la cuisse.
L’agresseur est immédiatement maîtrisé et interpellé par ses propres accompagnateurs.
L’agent touché est évacué en urgence vers une structure hospitalière.
Le diagnostic médical fait état d’une incapacité temporaire de travail (ITT) de 21 jours, confirmant la gravité de la blessure.
Cet épisode rappelle les risques auxquels sont exposées les forces de sécurité, y compris dans des opérations de routine.
Placée en garde à vue, la personne à l’origine de la plainte reconnaît les faits.
Lors de son audition, C.T. Cissé déclare avoir agi sous le coup de la colère, dans une volonté de vengeance contre celui qu’il accuse de l’avoir escroqué. Il affirme que le policier blessé n’était pas visé.
Une version qui ne modifie pas la qualification des faits retenus contre lui.
À l’issue de la procédure :
- N. Diop est poursuivi pour escroquerie
- C.T. Cissé est inculpé pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une ITT de 21 jours
Les deux individus ont été déférés devant le Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye.
Au-delà de son caractère spectaculaire, cette affaire met en lumière une réalité préoccupante :
la tentation de se faire justice soi-même, au mépris des procédures légales.
Elle souligne également la nécessité de maîtriser les émotions dans les situations de conflit, mais aussi les défis sécuritaires auxquels font face les forces de l’ordre dans l’exercice quotidien de leurs missions.
