Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a fait part, mardi, de sa profonde indignation après la destruction d’une œuvre d’art en mosaïque réalisée par l’artiste peintre sénégalais Papa Ibra Tall (1935-2015), située à la Place de France, dans la ville de Thiès.
Dans un communiqué rendu public le même jour, Amadou Ba a dénoncé un acte qu’il considère comme une atteinte grave à l’intégrité du patrimoine artistique national et à l’héritage laissé par l’un des créateurs les plus emblématiques du Sénégal.
Afin d’élucider les circonstances de cette destruction, le ministre a annoncé avoir officiellement saisi le maire de Thiès, Babacar Diop. Cette démarche vise à recueillir l’ensemble des informations relatives aux raisons, aux conditions et au cadre décisionnel ayant conduit à la disparition de l’œuvre.
Selon le communiqué, la mosaïque détruite, œuvre du grand maître Papa Ibra Tall, figure majeure et pionnier de l’art moderne sénégalais, constituait un élément important du patrimoine culturel du pays et un témoignage significatif de la mémoire artistique nationale.
Le ministre a rappelé que toute intervention susceptible d’affecter une œuvre d’art ou un bien culturel, en particulier dans l’espace public, doit impérativement respecter les textes en vigueur et faire l’objet d’une concertation avec les services compétents de l’État.
Il a également souligné que la protection des œuvres d’art exposées dans l’espace public relève d’une responsabilité collective, notamment celle des autorités publiques, et s’inscrit dans une logique de sauvegarde, de transmission et de valorisation du patrimoine culturel.
Papa Ibra Tall a occupé une place centrale dans la politique culturelle du Sénégal à l’époque du président Léopold Sédar Senghor. Il a notamment contribué à la mise en œuvre de l’École de Dakar, un mouvement artistique et philosophique né après la décolonisation.
Formé en France et ayant séjourné aux États-Unis, où il a rencontré des figures telles que le musicien de jazz John Coltrane et l’activiste Malcolm X, l’artiste s’est illustré dans plusieurs disciplines. Il est toutefois particulièrement reconnu dans le domaine de la tapisserie, à travers la Manufacture nationale créée en 1966. Ses œuvres ornent plusieurs lieux emblématiques au Sénégal et à l’étranger, dont le Palais de la République et le siège de l’Organisation des Nations unies.
Dans son communiqué, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a enfin réaffirmé l’engagement du gouvernement du Sénégal à protéger les artistes, à préserver les œuvres majeures de la création nationale et à promouvoir une gouvernance culturelle respectueuse de l’histoire, des valeurs et de l’identité du pays.

