Menu
L'Actualité au Sénégal

Afghanistan : Donald Trump affirme que les alliés de l’Otan étaient « loin du front », Londres s’indigne


Rédigé le Vendredi 23 Janvier 2026 à 11:53 | Lu 87 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Les propos de Donald Trump sur l’engagement militaire des alliés de l’Otan en Afghanistan provoquent une vive réaction au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique dénonce des déclarations « totalement erronées » et irrespectueuses envers les soldats tombés au combat.


Les relations transatlantiques connaissent un nouveau moment de tension. Des déclarations de Donald Trump, diffusées jeudi sur la chaîne américaine Fox News, ont suscité une indignation immédiate au Royaume-Uni. L’ancien président américain a affirmé que les alliés de l’Otan engagés en Afghanistan étaient restés « un peu en retrait, un peu loin des lignes de front », ajoutant que les États-Unis n’avaient « jamais eu besoin d’eux ».
 

Ces propos font référence à l’intervention militaire internationale menée après les attentats du 11 septembre 2001, destinée à démanteler les réseaux d’Al-Qaïda et à renverser le régime taliban. Une opération à laquelle de nombreux pays alliés, dont le Royaume-Uni, ont participé pendant près de vingt ans.

 

À Londres, la réponse n’a pas tardé. « Les commentaires du président Trump sont profondément décevants », a déclaré Stephen Kinnock, secrétaire d’État britannique à la Santé, s’exprimant au nom du gouvernement sur la chaîne Sky News.
« Quiconque remet en question ce que les troupes britanniques ont accompli et les sacrifices qu’elles ont consentis est totalement dans l’erreur », a-t-il insisté.
 

Selon les chiffres officiels, 457 membres des forces armées britanniques ont perdu la vie en Afghanistan, un lourd bilan qui rend les propos de Donald Trump d’autant plus sensibles dans l’opinion publique.

 

L’indignation dépasse les rangs du gouvernement. La cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a qualifié les déclarations de l’ancien président américain d’« absurdes ».
« Les troupes britanniques, canadiennes et de l’Otan ont combattu et sont mortes aux côtés des États-Unis pendant vingt ans. C’est un fait, pas une opinion », a-t-elle rappelé, soulignant que « leur sacrifice mérite le respect, pas le dénigrement ».
 

Même tonalité du côté des travaillistes. Emily Thornberry, présidente de la commission parlementaire des Affaires étrangères, a estimé que ces propos constituaient « une insulte » envers les familles des soldats disparus. Le chef des libéraux-démocrates, Ed Davey, s’est également indigné :
« Comment ose-t-il remettre en question leur sacrifice ? »

 

Ces déclarations ravivent un débat douloureux sur l’engagement militaire occidental en Afghanistan, conflit long et coûteux tant sur le plan humain que politique. Pour de nombreux responsables britanniques, la sortie de Donald Trump ne remet pas seulement en cause une alliance stratégique, mais heurte aussi la mémoire de soldats morts au combat aux côtés des forces américaines.
 

Dans un contexte international déjà tendu, ces propos risquent de fragiliser un peu plus la relation entre Washington et ses alliés historiques de l’Otan.



Lat Soukabé Fall

Nouveau commentaire :