Cette décision, selon le responsable politique, fait suite à de larges consultations internes ayant réuni les cadres, les jeunes, les femmes, les artisans, les acteurs religieux et différents experts de son organisation.
« Après une large discussion, nous sommes arrivés à la conclusion que nous devons nous dissoudre. Nous allons nous fondre dans le grand parti qui sera mis en place », a déclaré Déthié Diouf.
« Le Sénégal au-dessus de nos têtes »
Pour justifier ce choix, le président de VISA a placé son intervention sous le signe du rassemblement et du dépassement des intérêts partisans.
« Le Sénégal est au-dessus de nos têtes. Ce pays a besoin d’une unité de cœur et d’une unité d’esprit », a-t-il soutenu.
Déthié Diouf estime que l’heure n’est plus aux querelles de leadership ni aux positionnements individuels. Il invite les responsables de la mouvance présidentielle à faire taire leurs ego afin de construire une organisation politique capable de soutenir durablement l’action du chef de l’État.
Dans une formule imagée, il considère que Bassirou Diomaye Faye a longtemps cherché à préserver l’unité de son camp avant de prendre la décision de disposer de son propre instrument politique.
« Face à un nœud gordien, il ne s’agit plus seulement de dénouer, il faut trancher. Le président a tranché et nous avons compris que, pour le devenir meilleur de ce pays, nous devons taire nos ego et nos identités partisanes », a-t-il expliqué.
VISA se prépare à rejoindre le futur grand parti
L’annonce de Déthié Diouf intervient dans un contexte d’accélération de la restructuration de la Coalition « Diomaye Président ». Réunis le 19 juillet 2026, les responsables de cette coalition ont engagé sa transformation en un grand parti politique. Une assemblée générale constitutive est annoncée pour le 25 juillet 2026, date à laquelle le nom de la nouvelle formation devrait être rendu public.
Cette orientation s’inscrit dans la volonté affichée par la coalition de consolider le soutien politique et social au président de la République et d’accompagner les politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement.
Déthié Diouf revendique par ailleurs l’implication ancienne de son mouvement dans la dynamique ayant conduit à la candidature de Bassirou Diomaye Faye. Il a notamment évoqué la date du 27 septembre 2023, à laquelle son organisation aurait publiquement manifesté son soutien au futur candidat.
Selon lui, plusieurs responsables politiques avaient ensuite mutualisé leurs forces pour contribuer à la naissance de la coalition qui allait porter Bassirou Diomaye Faye à l’élection présidentielle.
« Thiès mérite plus que le traitement qu’elle reçoit »
Au-delà de la recomposition politique nationale, Déthié Diouf a profité de cette déclaration pour porter un plaidoyer en faveur de Thiès.
Le responsable politique considère que la région a joué un rôle déterminant dans la mobilisation ayant accompagné la candidature de Bassirou Diomaye Faye. Il estime que cette contribution politique doit désormais se traduire par une meilleure prise en charge des préoccupations économiques et sociales des populations.
« Thiès a été le déclic. C’est ici, pendant sa grande tournée électorale, que le candidat Bassirou Diomaye Faye a eu la conviction qu’il pouvait gagner l’élection. Aujourd’hui, tout le monde s’est réuni pour rappeler au président que Thiès mérite plus que le traitement qu’elle est en train de subir », a-t-il affirmé.
Déthié Diouf appelle ainsi le chef de l’État à accorder une attention particulière à la région, qu’il présente comme l’un de ses principaux territoires d’ancrage politique.
« Monsieur le président doit avoir une oreille attentive pour Thiès. Il doit mettre en œuvre, si l’on peut le dire, une discrimination positive en faveur de cette région, compte tenu de tout ce qu’elle a déjà fait et de tout ce qu’elle compte encore faire », a-t-il lancé.
Faire de Thiès et Diourbel les « titres fonciers » de Diomaye
Employant une formule volontairement politique, Déthié Diouf a déclaré vouloir transformer les régions de Thiès et de Diourbel en « titres fonciers » électoraux du président Bassirou Diomaye Faye.
Cette expression désigne, dans son discours, la volonté de construire une implantation politique durable et majoritaire dans ces deux régions.
« Nous voulons faire de la région de Thiès et de la région de Diourbel les titres fonciers du président Bassirou Diomaye Faye. Pour cela, nous avons fait notre devoir et nous demandons au président de faire sa part », a-t-il indiqué.
Le président de VISA affirme également que ses responsables et militants sont disposés à accompagner le chef de l’État pendant le mandat en cours et au-delà.
« Nous ne parlons même pas seulement de ce mandat. Nous allons l’accompagner, dans l’intérêt supérieur du Sénégal, jusqu’à l’aboutissement du meilleur pour le pays et vers un second mandat », a-t-il déclaré.
Le retour du rail au cœur du plaidoyer
Déthié Diouf a enfin insisté sur la nécessité de redonner à Thiès sa place historique dans le secteur ferroviaire.
Après avoir évoqué un séjour à Tambacounda et le rôle que pourrait jouer le chemin de fer dans le développement économique des régions de l’Est, il a rappelé le lien ancien entre Thiès et le rail.
« Thiès est la ville du rail. L’histoire de Thiès est indissociable de celle du chemin de fer et des grandes batailles syndicales menées par les cheminots », a-t-il rappelé.
Pour le responsable politique, la relance du transport ferroviaire devrait constituer l’un des principaux leviers de développement de Thiès, mais également de désenclavement et de dynamisation économique des régions de l’intérieur du pays.
À travers cette sortie, Déthié Diouf adresse donc un double message au président de la République : un soutien politique affirmé à la construction de sa nouvelle formation et une demande pressante pour que Thiès bénéficie d’investissements à la hauteur de son histoire, de son poids démographique et de sa contribution politique.
Thiesinfo