L’accident s’est produit à 2.400 mètres d’altitude, dans le secteur du Cim de l’Hortell, un endroit qu’Ares connaît très bien. « Cette année, j’y suis descendue 7 ou 8 fois. Et sur les cinq derniers jours, c’était déjà ma troisième sortie », explique-t-elle. Ce matin-là, elle confie s’être réveillée « un peu embrumée et fatiguée » et avoir décidé de n’effectuer qu’« une petite balade pour se dégourdir les jambes » et faire bouger son chien, Cim.
Malgré un bulletin de prévision des avalanches indiquant un risque modéré (niveau 1-2), et la présence de traces fraîches sur la pente, Ares pensait son itinéraire sûr, d’autant que la zone comportait une ligne d’arbres. Mais la plaque de neige a cédé sous son poids, la propulsant dans une coulée. On entend la panique dans la courte vidéo qu’elle a publiée, alors qu’elle appelle son chien, avant de s’arrêter, miraculeusement indemne et non ensevelie.
Dans un témoignage partagé sur ses réseaux, Ares Masip explique avoir été victime d’un « piège heuristique », un biais mental qui fait sous-estimer les dangers dans un environnement familier. « Lieu connu, risque supposément faible, pratique récente, objectif modeste… Ce n’est pas que les conditions étaient sûres, c’est juste qu’elles semblaient sûres », précise-t-elle.
La skieuse tire une leçon personnelle de cet incident : « Aujourd’hui, cela s’est terminé par une grosse frayeur et une bonne leçon. Si cela peut servir à quelqu’un pour ne pas baisser la garde dans un endroit de confiance, ce sera déjà ça. »
Cette expérience rappelle que la montagne, même lorsqu’on la connaît parfaitement, reste imprévisible et qu’aucun itinéraire n’est jamais totalement sûr.

