Ce qui devait être le début d’un projet ambitieux s’est transformé en désillusion totale pour A. S, 34 ans, entrepreneure dans la restauration. Après avoir versé une forte caution pour la location d’un terrain nu censé accueillir son futur restaurant, elle découvre qu’elle a été victime d’une arnaque savamment orchestrée.
À la recherche d’un espace pour lancer un restaurant de cuisine locale, Awa tombe sur une annonce relayée via WhatsApp. Le soi-disant propriétaire, un homme se présentant comme M. “le promoteur”, lui propose un terrain nu “parfaitement situé”, proche d’un axe très fréquenté.
Séduite par l’emplacement et pressée de démarrer les travaux, elle verse rapidement une caution de 450 000 F CFA, accompagnée d’un premier mois de loyer. Un document de location lui est même remis, portant un cachet et une signature visiblement falsifiés.
Quelques jours plus tard, alors qu’elle veut commencer l’installation d’une clôture provisoire, A. tombe sur un autre homme réclamant être le réel propriétaire du terrain. Celui-ci affirme n’avoir jamais mis son terrain en location et encore moins traité avec un intermédiaire.
Contacté, “le promoteur” devient injoignable : numéro éteint, comptes WhatsApp supprimés, profil Facebook introuvable. L’arnaque est désormais évidente.
Selon les premiers éléments obtenus par A. après quelques vérifications, l’escroc aurait déjà dupé d’autres victimes en utilisant la même méthode : repérer des terrains non exploités, se faire passer pour le propriétaire, demander une caution rapide au prétexte “qu’il y a beaucoup de demandes”, puis disparaître après réception de l’argent. Le faux contrat, bourré d’erreurs mais ressemblant à un papier officiel, sert à mettre les victimes en confiance.
A. a déposé une plainte au commissariat de son quartier. Les enquêteurs tentent de remonter la trace des transactions Mobile Money utilisées pour recevoir les fonds. Pour l’instant, aucune arrestation.
Cette affaire relance le débat sur la prolifération des fausses locations de terrains au Sénégal, particulièrement dans les zones en expansion. Les autorités rappellent que toute location ou acquisition doit impérativement être précédée de la vérification du titre foncier, d’un contact direct avec le vrai propriétaire et, si possible, d’un passage chez un notaire.

