Les faits remontent à 2006. À l’époque âgée de 42 ans, la patiente est admise à l’hôpital universitaire de Pise pour des examens médicaux. Une anomalie est détectée, et le verdict tombe rapidement : les médecins lui diagnostiquent un lymphome de type MALT, une forme rare de cancer du système lymphatique touchant les intestins, présenté comme étant à un stade avancé, voire terminal.
De janvier 2007 à mai 2011, la femme subit une chimiothérapie associée à une corticothérapie à fortes doses. Ces traitements lourds provoquent de graves effets secondaires : déséquilibres hormonaux, affaiblissement extrême du système immunitaire, troubles psychologiques, épisodes dépressifs et anxiété chronique.
C’est finalement en mai 2011, à la suite d’une biopsie de la moelle osseuse, que la vérité éclate : la patiente n’a jamais été atteinte d’un cancer. Le diagnostic initial était erroné.
Estimant avoir été victime de négligence médicale, la patiente engage des poursuites contre l’établissement hospitalier. En première instance, la justice lui accorde 300 000 euros d’indemnisation. Une somme jugée insuffisante par la victime, qui décide de faire appel.
Jeudi dernier, la cour d’appel a revu le montant à la hausse, portant l’indemnisation à 500 000 euros. Dans sa décision, la juridiction souligne que cette augmentation est pleinement justifiée par « l’angoisse et les souffrances extraordinaires » endurées pendant plusieurs années.
« Je me sens brisée »
Dans un témoignage accordé au quotidien Il Tirreno, la femme confie que son état de santé reste aujourd’hui très préoccupant.
« Mon système immunitaire a été détruit par ces traitements erronés, inutiles et nocifs », explique-t-elle. Ironie tragique, elle affirme être désormais réellement malade, conséquence directe des soins qu’elle n’aurait jamais dû recevoir.
Malgré la reconnaissance judiciaire, la souffrance demeure :
« Je me sens brisée. Je n’ai aucun moyen d’être en paix, même après cette décision », conclut-elle.
Cette affaire relance en Italie le débat sur la responsabilité médicale, la fiabilité des diagnostics et l’accompagnement des victimes d’erreurs médicales aux conséquences irréversibles.

