La lutte contre la migration irrégulière ainsi que la traite des personnes reste une priorité en matière de sécurité au Sénégal. D’après le bilan 2025 de la Gendarmerie nationale, le phénomène se caractérise par une importante mobilité transnationale et l’action de réseaux organisés.
Le chef du Centre des opérations et des renseignements de la gendarmerie, le lieutenant Abdoulaye Camara, indique qu’en 2025, 1 928 migrants ont tenté de rallier clandestinement l’Espagne à bord de 15 embarcations. Il précise que les unités de la Gendarmerie nationale ont renforcé les dispositifs de surveillance et d’intervention, ce qui a permis de déjouer 44 tentatives de départ et d’interpeller 2 757 migrants.
Parmi les personnes interpellées, 1 254 sont de nationalité sénégalaise et 1 503 sont des ressortissants étrangers, confirmant selon lui la dimension transnationale et complexe de la migration irrégulière touchant le pays.
Les opérations menées ont également abouti à l’arrestation de 72 passeurs ainsi qu’à la saisie de 23 embarcations destinées aux traversées clandestines. La zone de Thiès s’est distinguée avec 24 tentatives de départ déjouées, ce qui illustre son importance stratégique dans les itinéraires migratoires maritimes.
En parallèle, la traite des personnes demeure une autre forme de criminalité préoccupante. Le lieutenant Camara souligne qu’en 2025, 49 cas ont été enregistrés contre 30 en 2024, soit une progression de 40 %. Il explique cette hausse par le renforcement des dispositifs de contrôle et l’amélioration du renseignement opérationnel.
Les données analysées montrent que les victimes sont en majorité des femmes étrangères, souvent exploitées dans les zones aurifères situées à l’Est du Sénégal. Ces zones, marquées par une activité minière artisanale soutenue et la présence de travailleurs migrants, offrent un terrain favorable aux réseaux d’exploitation sexuelle et économique.
Face à ces enjeux, la Gendarmerie nationale poursuit une stratégie articulée autour de la surveillance du littoral, du démantèlement des réseaux, de la coopération entre services et d’actions de sensibilisation auprès des populations exposées aux risques liés à la migration clandestine.
Les autorités sécuritaires estiment par ailleurs que la lutte contre ces phénomènes requiert un renforcement de la coopération internationale, en raison du caractère régional et transfrontalier des réseaux impliqués.
