Selon des informations recueillies par Seneweb, la jeune femme s’était rendue dans la soirée au poste de santé de Diamaguène-Centre, dans la commune de Kaffrine, où elle a donné naissance à une petite fille vers 19 heures. L’accouchement s’est déroulé normalement sous la supervision du personnel médical de la maternité.
Mais quelques heures plus tard, un événement inattendu s’est produit. Profitant d’un moment d’inattention du personnel de garde, la jeune mère a quitté discrètement la structure sanitaire aux alentours de minuit, laissant derrière elle son bébé à la maternité.
Ce n’est qu’au petit matin, vers 5 heures, que la situation a été découverte. L’infirmier-chef de poste, alerté par l’absence de la mère, a immédiatement signalé les faits au commissariat central de Kaffrine. Les policiers se sont rapidement rendus sur les lieux afin de constater les faits et ouvrir une enquête.
Après plusieurs heures d’investigations et de recherches, les éléments de la police ont réussi à retrouver la jeune femme. Identifiée sous les initiales T. K., elle est une technicienne de surface domiciliée à Diamaguène-Centre. Conduite au commissariat, elle a reconnu les faits lors de son audition.
Face aux enquêteurs, la jeune femme a expliqué avoir abandonné l’enfant parce qu’elle se sentait incapable d’en assumer la charge. Elle a également confié que la grossesse serait le résultat d’une relation avec un chauffeur de camion rencontré au marché central de Kaffrine. Selon ses déclarations, l’homme aurait catégoriquement refusé de reconnaître la paternité de l’enfant avant de disparaître de la ville sans laisser de trace.
Les investigations ont également révélé que la jeune mère était accompagnée au poste de santé par sa grande sœur, F. K., âgée de 20 ans. Cette dernière avait quitté la structure sanitaire vers 23 heures. Entendue par la police, elle a rejeté toute complicité, affirmant qu’elle ignorait les intentions de sa sœur. Elle a également expliqué que la grossesse avait été tenue secrète par la jeune femme et que la famille n’en avait pris connaissance qu’au moment de l’accouchement.
Pendant ce temps, le nouveau-né a été placé sous la garde de la maîtresse sage-femme de la maternité en attendant l’intervention de l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO), qui devra décider des mesures de protection pour l’enfant.
De nationalité guinéenne, la mère du bébé a été placée en garde à vue au commissariat central de Kaffrine pour délaissement d’enfant dans un lieu non solitaire. Le parquet a été informé et la procédure judiciaire suit actuellement son cours.
Cette affaire relance le débat sur les situations de détresse sociale et de grossesse cachée chez certaines jeunes femmes, souvent livrées à elles-mêmes face au rejet familial ou à l’abandon de leur partenaire.
