Tout s’est déroulé dans le quartier Ñari Pneu, au domicile conjugal de deux épouses. La première épouse, Y. Ndao, infirmière d’État de 38 ans en service au centre hospitalier Cheikh Ahmadoul Khadim, aurait lacéré le visage de sa coépouse, M.O. Dieng, avec un bistouri. La victime, deuxième épouse, a été transportée à l’hôpital avec des blessures profondes à la joue droite et à l’oreille gauche. Son certificat médical initial indiquait une incapacité temporaire de travail (ITT) de 45 jours.
Selon les témoignages recueillis, la bagarre aurait éclaté lorsque la première épouse est montée à l’étage pour « nettoyer le salon », ce qu’elle ne faisait jamais auparavant. Refusant de quitter les lieux, le conflit a rapidement dégénéré.
Dans un geste controversé, l’infirmière aurait sollicité son chef de service, le Dr A. N, pour obtenir un certificat médical attestant une ITT à son avantage. Celui-ci lui aurait délivré un certificat de 30 jours, alors que les blessures apparentes étaient légères. Les enquêteurs ont rapidement suspecté une tentative de falsification et ont ordonné deux contre-expertises, qui ont réduit l’ITT à 12 et 7 jours, confirmant le caractère suspect du document initial.
La polygamie, bien que légale au Sénégal, est source de conflits fréquents, surtout lorsque les épouses cohabitent dans un même domicile. Cette affaire révèle plusieurs dimensions :
-
Rivalité entre coépouses : La compétition pour la reconnaissance et la place dans le foyer peut provoquer jalousie et ressentiment.
-
Gestion de l’espace et de l’autorité : Dans ce foyer, le partage des étages a été un facteur déclencheur. La première épouse, souvent perçue comme dominante, a affronté la deuxième pour imposer sa présence.
-
Escalade de la violence : Les tensions quotidiennes peuvent, si elles ne sont pas encadrées, mener à des gestes extrêmes, comme ici l’usage d’un bistouri.
Pour la victime, les séquelles ne sont pas que physiques : traumatisme, peur et perte de sécurité dans le foyer sont au rendez-vous. Pour la communauté, ce type d’incident choque et interroge sur la manière de gérer la polygamie sans violences.
-
Pour Y. Ndao : elle sera déférée au parquet de Diourbel pour coups et blessures volontaires.
-
Pour le Dr A. N : le chirurgien pourrait être poursuivi pour délivrance d’un certificat médical falsifié, mettant en lumière les risques éthiques dans la profession médicale.
Cette affaire montre la nécessité de :
-
Sensibilisation des familles polygames : conseils conjugaux et médiation pour prévenir les conflits.
-
Formation des acteurs médicaux et judiciaires : éviter la complicité involontaire dans des falsifications.
-
Dialogue et communication : instaurer des règles claires de partage et de respect au sein du foyer.