Capitaine de la pirogue, Habibou Gamou Fall, demi-frère de la victime, avait expliqué que le jeune Mouhamed serait tombé du rebord de l’embarcation avant d’être emporté par la houle. Cette version a été confirmée par son frère Abdoulaye Fall. Les deux hommes ont longtemps soutenu qu’il s’agissait d’un simple accident survenu en haute mer.
Plusieurs membres de l’équipage ont toutefois livré une version totalement différente devant la Chambre criminelle de Mbour. Seydina Issa Camara, Adama Dembélé et Massamba Samb ont affirmé que l’adolescent n’était pas mort accidentellement, mais à la suite de violences répétées.
Selon leurs témoignages, Mouhamed Fall aurait été battu durant quatre jours consécutifs par le capitaine de la pirogue, sous prétexte de le corriger pour une prétendue fainéantise. Les coups auraient été d’une extrême violence, au point que la victime urinait du sang avant de succomber.
Après le décès du jeune garçon, son corps aurait été conservé dans une caisse à glace. En raison d’une panne de moteur et de la décomposition avancée du corps, la dépouille aurait finalement été jetée en pleine mer. Les frères Fall auraient ensuite demandé aux autres membres de l’équipage de déclarer une mort accidentelle.
À la barre, Habibou Gamou Fall a nié toute agression. Il a déclaré que Mouhamed Fall était tombé malade en mer et qu’après avoir pris de l’ibuprofène, il s’était endormi pour ne plus jamais se réveiller.
Son frère Abdoulaye Fall a confirmé cette version. Cependant, le juge et le procureur lui ont rappelé qu’il avait reconnu, lors de l’enquête, que la victime avait bel et bien été battue, mettant en évidence une contradiction majeure.
Le procureur a dénoncé un comportement « inhumain » et une volonté manifeste de dissimulation. Estimant que les faits caractérisent une intention criminelle, le ministère public a requis 20 ans de réclusion criminelle contre Habibou Gamou Fall et 5 ans de prison ferme contre Abdoulaye Fall.
Pour la défense, Me Abdoulaye Tall a rejeté les qualifications d’association de malfaiteurs et d’entente criminelle. Il a plaidé pour une requalification des faits en coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sollicitant une application clémente de la loi et l’acquittement de Habibou Gamou Fall.
L’affaire a été mise en délibéré. Le verdict de la Chambre criminelle de Mbour est attendu le 16 janvier 2026.
